Un temps très à la mode, le hasard objectif qu’André Breton définit dans les années 1930, n’avait jamais fait l’objet d’une thèse synthétique qui le questionne comme concept. Concept philosophique, ou presque, mais surtout effet de discours, car il surgit avant tout en tant que forme littéraire.

C’est ainsi que j’ai décidé d’étudier ses “motifs d’écriture” dans ma thèse soutenue en février 2008. Ma démarche a été de l’historiciser aussi, de comprendre si l’on pouvait défendre l’idée qu’il n’apparaît qu’à une époque très précise, l’ayant rendu possible par une épistémè spécifique. L’originalité du chemin que j’ai fini par suivre a consisté à considérer André Breton, la période du surréalisme, comme un terminus ad quem.

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Voilà pourquoi je me suis appuyé sur deux auteurs antérieurs, couvrant cette zone historique qui m’a paru pertinente : Gérard de Nerval, et August Strindberg. On pourra lire une petite discussion de ce “trajet” du hasard objectif.

Cette proposition théorique, tentant d’établir des liens entre le “hasard objectif” de Breton et les pratiques d’August Strindberg, spécifiquement dans ses écrits autobiographiques parisiens Inferno et Légendes, a été défendue dans une célèbre revue des études surréalistes, Mélusine, numéro XXVII, le Surréalisme et la science en 2007. 

Elle a aussi reçu un certain écho en Suède. Un article a en effet paru dans un ouvrage collectif de 2006 (Det gäckande könet), plus orienté autour des gender studies américaines, sous la direction d’Anna Cavallin et Anna Westerståhl Stenport.

Concernant la place singulière d’Aurélia de Nerval dans cette archéologie du hasard objectif, cette thèse a été discutée lors d’une journée d’étude à la Sorbonne en novembre 2008.

Dans le cadre du programme 2008 sur “la beauté” des classes préparatoires commerciales, j’ai donné une conférence sur le thème de  » la Beauté CONVULSIVE » en octobre 2008 (conférences du CRU à Rennes).

Un troisième article dans la revue Poétique n° 159, de septembre 2009, a abordé la question troublante des rapports entre hasard objectif (André Breton) et mémoire involontaire (Marcel Proust).

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