Les Mémoires d’étudiants (juillet 2016)

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En classe préparatoire de la filière économique, l’ouverture d’esprit des étudiants, leur appétit d’apprendre, le passage à des études ambitieuses font que la conduite d’un Mémoire est un projet enthousiasmant. Tout comme le résultat atteint, au bout de quelques mois de recherche, de corrections, de doutes aussi. Voici une trace de certains d’entre eux. Merci à leurs auteurs pour avoir bien voulu contribuer ici à une mémoire collective.


Table synthétique ( 2008 / 2016 )

Les rapports de genre dans la danse : stéréotypes et inégalités, par Alison Morais (2016)

La figure diabolique dans la musique rock, par Clémence Guyomard (2016)

Blanc, ce n’est pas nul, par Grégoire Offredic (2015)

Google, embryon de l’intelligence artificielle : un projet transhumaniste ?,par  Lucile Fontaine (2015)

Le travail des enfants dans l’industrie textile du Bangladesh au XXIè siècle, par Elise Lucas (2015)

Max Havelaar : Le commerce (in)équitable, par Laurène Hirard (2015)

Le Darknet, utopie ou réalité ?, par Paul Joalland (2014)

L’influence du nom propre, par Claire Dugué (2013)

Le Transhumanisme : les nouvelles technologies sauveront-elles les hommes ?, par Thomas Roux (2013)

Pouvons-nous continuer à vivre dans une société où règne l’obsolescence programmée ?, par Mathilde Vallée (2013)

Salvador Dali, précurseur d’une nouvelle société  ?, par Alice Duval (2013)

De la Seconde Vague à aujourd’hui : visions et réactions masculines face aux mouvements féministes, par Amandine Neff (2012)

Touristes-Voyageurs, des temps modernes à nos jours, par Matthieu Michot (2012)

Contes de fées dans le monde contemporain, par Amélie Gabay (2012)

Le miroir Facebook, par Paul Appéré (2012)

L’euthanasie : quelle fin de vie voulons-nous ?, par Philippe Belan (2012)

Le nouveau visage des Chinois, par Marion Boisset (2011)

Les Jeux Olympiques : un mythe persistant ?, par Cédric Tanvet (2011)

Mode et égalité des sexes, par Agathe Marin (2011)

Quels  droits d’auteur sur internet ?, par Maxime Ledez (2011)

Le Sexe dans notre société, de la libération à la marchandisation, par Paul Le Derff (2010)

Une seconde vie dans un monde virtuel, par François Jourdan (2010)

À quoi bon diaboliser le Manipulateur ?, par Medhi Weber (2010)

La cosmétofood : quand manger rend beau, par Léa Warconsin  (2010)

L’orthographe française est devenue une patate chaude, par Marianne Seven (2009)

Les normes définissant le corps féminin dans les sociétés de type Occidental, par Julie Dayot (2009)

Le Rêve américain : rêvons-nous l’Amérique comme nous la rêvions hier ?,par Léonor Dalibot (2009)

Les antagonismes entre le Hip-Hop et la société américaine, par David Lecomte (2009)

L’école et la reproduction sociale : dans quelles mesures l’école permet-elle et doit-elle favoriser la promotion sociale ?, par Rébecca Elias (2009)

L’abolition de l’esclavage, un acte inachevé, par Olivier Broutin (2009)

L’évolution de la mode masculine depuis les années 1990 : pourquoi ? comment ? quelles conséquences ?, par Florian Perron (2009)

Quand jouer n’est plus un jeu, par Stevan Tanvet (2009)

Les cosmétiques pour hommes : nouveau marché ou effet de mode ?, par Laura Le Boudouil (2009)

La culture française est-elle en déclin ?, par Mickaël Zollet (2009)

Le métrosexuel, l’homme du XXIè siècle?, par Daba Diokhane (2008)

Peut-on parler d’une réinsertion sociale des vétérans américains en Irak?, par Pauline Salaun (2008)

Les stratégies des alcooliers en direction de la jeunesse, par Maxime Hunault (2008)


Les rapports de genre dans la danse : stéréotypes et inégalités

Mémoire d’Alison Morais (2016)

La première étape de votre Mémoire consistant à choisir votre sujet est très importante, il faut donc la prendre très au sérieux. Pour ma part, j’ai décidé de travailler sur la danse, qui est un domaine que je trouve passionnant. Mais il a fallu que je resserre mon objet d’étude. Je me suis donc souvenue que, depuis mon enfance, tous les cours de danse auxquels j’avais assisté étaient constitués seulement de filles, et que la majorité des nos professeurs masculins nous semblaient efféminés. J’ai donc décidé de m’intéresser aux rapports de genre dans la danse, aux inégalités et aux discriminations qui y sont à l’œuvre. Mais je me suis aperçue que j’étais moi-même victime, d’une certaine manière, de représentations, qui voyaient la danse comme essentiellement féminine. Il est d’ailleurs troublant de constater que, plus on monte dans les fonctions prestigieuses, plus les hommes danseurs sont surreprésentés…

En ce qui concerne ma recherche, j’ai essayé de trouver des ouvrages précis, mais cela s’est avéré difficile car il en existe très peu. Du coup il ne faut pas hésiter à multiplier les sources car cela vous permettra de fonder votre propre analyse (conférences, France Culture, films…). Lorsque j’ai estimé avoir enregistré assez d’informations, j’ai eu l’idée de contacter une école de danse proposant des cours dans la perspective LGBTH (Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transexuel, Hétérosexuel) pour avoir un point de vue conscient des stéréotypes de la danse, ce qui m’a permis de finaliser mon travail.

J’en suis arrivée à la conclusion qu’il existe des inégalités entre les danseuses et les danseurs, et que ce sont plutôt les hommes qui sont favorisés car ils se singularisent plus facilement que les filles qui, étant plus nombreuses, peinent à se démarquer et doivent faire plus leur preuve.  Et c’est parce qu’il y a des inégalités en danse qu’il y a des discriminations. Cela n’infirme pas le cas du danseur homosexuel, qui valide ainsi le stéréotype d’une pratique « féminine ». Plus subtilement, il semble que le rapport au corps masochiste, lié à la souffrance, constitue le réel de la danse, qui peut ensuite être pensé dans un cadre genré.

Ce Mémoire étant un travail qui vise une qualité universitaire et qui vous suivra tout au long de votre première année, je vous conseille de prendre le temps de bien réfléchir avant d’arrêter votre choix de sujet. En effet, même s’il peut être très utile lors des oraux de concours de la fin de la 2è année, il ne faut pas que le choix s’arrête à ce déterminant. L’envie et l’enthousiasme sont fondamentaux pour mener ce projet à terme. Après, en ce qui concerne les oraux, à chacun de choisir comment exploiter cette magnifique « carte biographique » !

La figure diabolique dans la musique rock

Mémoire de Clémence Guyomard (2016)

A l’aube du XXIème siècle, l’individualisme et le délaissement des institutions est la norme. Mais d’où vient cette tendance ? Et que vient faire le diable dans tout cela ? C’est de prime abord ce qui m’a intéressé. Mon sujet m’est d’abord partiellement venu en lisant un texte de Robert Muchembled, donné au concours, qui traitait du retour du diable : il montrait pourquoi ce retour était si fracassant à notre époque qui, pourtant, préfère prôner la rationalité héritée des Lumières.

Mais le Mémoire nécessite de se pencher plus attentivement sur une notion précise, ce que j’avais d’abord un peu négligé dans ma première partie, en établissant un historique trop global du diable. Or, en me renseignant plus, j’ai pu découvrir qu’il y avait un lien, ténu au premier abord, liant le diable au rock’n’roll, ce qui a concouru à son retour au XXème siècle.

En approfondissant mes recherches, j’ai trouvé une véritable mine d’or ! Car du lien entre Satan et la musique découlait non pas le mysticisme, comme on pourrait facilement se l’imaginer, mais une vraie problématique, aussi bien sociologique, économique, que politique, sur l’utilisation de la figure diabolique au sein d’une certaine musique populaire. Pour donner vie à cette thèse, il suffisait alors de corréler l’évolution du rock’n’roll à celle de la société, l’image du diable s’adaptant à cette dernière. Ainsi la légende veut que Robert Johnson, pionnier du rock, ait conclu un pacte avec le diable dans les années 1930, qui lui serait apparu pour lui accorder sa virtuosité exceptionnelle. Les musiciens de métal des années 2000, eux, utilisent pleinement le diable dans leurs représentations scéniques et l’invoquent même dans leurs chansons. Dans une société en constant changement, l’image du diable, et son utilisation, ont varié énormément avec l’expansion du rock. Elle s’impose ainsi à travers le rock dans les années 1960 comme un moyen pour la jeunesse d’affirmer son refus du puritanisme dominant à l’époque, en particulier aux Etats-Unis. En 2011, le festival de rock Hellfest, souvent caricaturé, est composé à 70% d’un public diplômé du supérieur.

C’est tout cet aspect dual de la représentation diabolique dans la musique qui m’a motivée. Au-delà de l’image satanique, religieuse, le diable est ce représentant du plaisir déculpabilisé, d’une certaine liberté intellectuelle, en opposition parfaite aux valeurs dogmatiques d’une Eglise qui ne déplace plus les foules…à la différence d’un Hellfest.

Évidemment, j’ai surtout traité du symbole du diable, des valeurs qu’on lui associe, et non de Satan lui-même… J’ai dû éviter les clichés musicaux, et préciser aussi les dérives liées à l’utilisation de l’image diabolique dans le schéma triangulaire liant fan-groupe de rock-diable. Car nombreuses aussi sont les polémiques autour de cette utilisation extrême de la figure satanique (appels au suicide, au meurtre, à la haine, à la violence, qui seraient prétendument glissées dans certaines chansons), polémiques notamment soutenues par des groupuscules d’extrémistes religieux, voire parfois par les institutions religieuses elles-mêmes.

Toute la nuance de cette figure passionnante, son côté assez largement insaisissable, tantôt partenaire de l’homoeconomicus moderne, tantôt dangereux sous des apparences amicales, en fait un sujet d’étude intéressant, permettant, en fin de compte, de balayer d’assez larges notions, aussi bien psychologique que sociétale, politique… Une chose est certaine : qu’on s’en fasse un ami ou un ennemi, le diable est là. Et libre à vous de le provoquer : si vous écoutez Strawberry Fields for Ever des Beatles à l’envers, vous aurez sûrement la chance d’entendre « I worship Satan »…

Blanc, ce n’est pas nul

Mémoire de Grégoire Offredic (2015)

Qu’est-ce que le vote blanc ? Question anodine en apparence. En septembre 2014, Marie Richeux consacra l’une de ses émissions quotidiennes sur France Culture, « Les Nouvelles vagues », à cette problématique. Invitée, la politologue Anne Muxel posa plusieurs questions passionnantes. Qu’est-ce qui peut pousser un électeur à se déplacer jusqu’à un bureau de vote pour glisser dans l’urne un bulletin blanc ? Ces électeurs sont-ils les mêmes que ceux qui s’abstiennent chaque dimanche d’élection ? Le vote blanc est-il reconnu par le législateur français ? Faut-il valoriser une telle pratique ? Autant de question auxquelles j’ai tenté de répondre avec ce Mémoire en explorant les problématiques du vote blanc mais aussi du vote nul et de l’abstention ; principalement en France.

Le vote blanc est, de fait, un geste paradoxal : se déplacer afin de voter pour signifier son intention de ne pas choisir entre les candidats proposés. D’autant plus difficile à cerner qu’il ne fait pas l’objet d’une définition précise dans le Code électoral français. Jusqu’au 20 février 2014, cette pratique était d’ailleurs assimilée à un vote non-conforme, en d’autres termes à un vote nul ! Mes recherches m’ont ainsi amené à définir précisément le vote blanc, le vote nul et l’abstention en prenant en compte les récentes modifications de la loi qui reconnaît, dorénavant, une distinction entre un vote blanc et un simple vote nul. Toutefois, cette modification de la loi a plus entraîné une reconnaissance purement symbolique et non politique. Autrement dit, le vote blanc n’est pas capable, jusqu’à présent, de constituer une minorité de blocage lors d’une élection.

Le vote blanc et l’abstention sont des phénomènes électoraux complexes. Ces derniers sont à la fois influencés par l’intégration sociale des citoyens, leur environnement social, leur localisation géographique ainsi que par l’image qu’ils ont des enjeux de telle ou telle élection, ou encore par des facteurs structurels au sein du système électoral. Toutefois, aujourd’hui, la principale explication de ces pratiques est l’insatisfaction et le rejet croissant des électeurs vis-à-vis de la classe politique. Cependant, si l’abstention surclasse largement, en terme numérique, le vote blanc, celui-ci est qualitativement supérieur au premier. En effet, les électeurs du vote blanc affirment leur intégration et leur intérêt pour la chose publique alors que, par l’abstention, les citoyens se mettent davantage hors du système politique. Dès lors, nous pouvons regretter que le vote blanc ne soit pas mieux pris en compte par le Code électoral français. En effet, au terme de mes recherches, j’estime que la reconnaissance politique du vote blanc est la meilleure solution pour faire diminuer l’abstention. De fait, les enquêtes d’opinions montrent que, si la législation était changée en ce sens, le rapport de force entre l’abstention et le vote serait inversé par rapport à aujourd’hui.

Travail passionnant, ce Mémoire a, toutefois, fait l’objet de difficultés. La plus grande d’entre elles est sans doute le manque de travaux théoriques de la part des politologues sur ce sujet. En effet, lorsqu’elles existent, ces études constituent seulement un ou deux chapitres d’ouvrages plus vastes consacrés aux pratiques électorales au sens large. De fait, l’expression « vote nul » utilisée par les politologues pour désigner à la fois l’abstention et le vote blanc est une excellente preuve du désintérêt de ces intellectuels pour ces problématiques. Aux futurs étudiants, je ne pourrais que conseiller d’accorder un soin tout particulier au choix du thème de leur Mémoire et de penser régulièrement à ce dernier ; d’autant plus s’il concerne une problématique régulièrement dans l’actualité. De fait, il s’agit d’un travail au long court qui constitue un fil rouge tout au long de l’année.

Google, embryon de l’intelligence artificielle : un projet transhumaniste ?

Mémoire de Lucile Fontaine (2015)

Le mythe de l’homme artificiel hante l’histoire humaine depuis des siècles. Il évoque le spectre du Golem, de Frankenstein ou de quelques autres de ces créatures effrayantes qui relèvent de la science-fiction. Or, le monde actuel est appelé à rejoindre la science-fiction avec la recherche technologique contemporaine.

Concernant ce sujet, un mouvement idéologique a émergé dans les années 1980 sur la côte californienne : le transhumanisme. Les leaders transhumanistes œuvrent à dépasser les limites biologiques de la condition humaine et revendiquent le droit individuel à l’auto-transformation. Les partisans de l’homme augmenté sont persuadés que l’espèce humaine n’a pas atteint son étape ultime et qu’elle est appelée à évoluer. Chaque individu peut alors s’enrichir de tous les apports des nouvelles technologies. Derrière le transhumanisme, qui rêve de changer l’Homme, se profile le post-humain. En effet, la post-humanité serait pour eux l’apogée de leurs recherches, une sorte de version améliorée de l’homme, un humain 2.0 ayant intégré l’ensemble des technologies futures.

Au fil de mes recherches, je me suis demandé comment les théories transhumanistes se manifestaient dans notre quotidien, comment le projet transhumaniste pouvait prendre forme concrètement. Aussi, les récents débats autour de Google m’ont encouragée à me demander si les innovations de ce géant technologique n’étaient pas empreintes d’une idéologie transhumaniste. En effet, lorsque Eric Schmidt (PDG de Google de 2001 à 2011) annonce : « Ce que nous essayons de faire c’est de construire une humanité augmentée, nous construisons des machines pour aider les gens à faire mieux les choses qu’ils n’arrivent pas à faire bien », on peut suspecter une ambition finale de transformer l’humain, de le rendre mi-homme mi-machine afin qu’il devienne toujours plus performant. Afin de réellement comprendre si la firme Google était portée par une idéologie transhumaniste, j’ai été obligée de mener mon enquête et d’analyser successivement les discours de ses leaders, le soutien financier que l’entreprise peut apporter à de nombreuses start-up innovantes mais aussi les projets de la firme (comme les « Google glass »).

Le Mémoire est un exercice universitaire qui demande un investissement et une rigueur continue, d’autant plus qu’il doit se faire en parallèle à la classe préparatoire. Il s’agit d’un travail de longue haleine marqué par des passages de doutes. Néanmoins, afin que ce travail ne soit pas une corvée et que l’aventure devienne plaisante, je conseille à tous les futurs étudiants d’ECE1 de porter une attention particulière au choix du sujet. Il doit susciter enthousiasme et curiosité pour permettre d’approfondir véritablement la réflexion. En effet, ce travail m’a permis d’appréhender le monde transhumaniste qui m’était au départ totalement inconnu. Le Mémoire s’avère donc être une expérience enrichissante qu’il faut savoir saisir avec motivation afin d’en retirer tous les bénéfices possibles.

Le travail des enfants dans l’industrie textile du Bangladesh au XXIè siècle

Mémoire d’Elise Lucas (2015)

Au début de ce projet du Mémoire, envisager un sujet autour des dessous du textile m’a tout de suite plu : nous sommes encerclés par les annonces publicitaires qui encouragent le consommateur à renouveler toujours plus vite sa garde robe. De la sorte, les ménages français ont dépensé, selon l’INSEE, 39 milliards d’euros en articles d’habillement. Quant aux Américains, ils achètent en moyenne 68 vêtements et 8 paires de chaussures par an. Mais à quel prix sont produits tous ces habits?

Deux options étaient dès lors envisageables : effectuer une enquête sur le coût environnemental que cela représente, ou alors sur le coût humain. Mon choix s’est porté sur cette seconde possibilité. Effectivement, à ce jour, d’après le Bureau International du Travail, 246 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent dans le monde. Mais qu’entend-on par travail des enfants? Les mots enfants et travail résonnent en effet dans notre quotidien, pourtant une fois juxtaposés, leur signification s’avère confuse. Néanmoins, ce phénomène de grande ampleur prend des formes très diverses, cela pouvant aller des enfants soldats jusqu’à ceux qui travaillent dans les mines aurifères… Il s’avérait donc nécessaire de cibler d’avantage mon objet d’étude.

Face aux nombreux scandales qui ont retenti dans les médias et fait le tour de l’opinion publique, l’industrie textile du Bangladesh m’est apparue pertinente. Ma curiosité pour ce sujet s’est d’ailleurs confirmée et accrue au fur et à mesure de mes recherches : 1700 morts à la suite d’accidents dans des usines de fabrication de vêtements bangladaises depuis 1990. Que faire ? Et qui, des États, des entreprises ou des consommateurs a le pouvoir de changer les choses? Il a fallu définir cette notion pas si simple du travail des enfants. L’essor de l’industrie textile a eu lieu dans un des pays les moins avancés du monde, le Bangladesh, qui compte désormais près de 5 000 usines de fabrication de vêtements.

Afin de terminer ma première partie, je me suis intéressée à l’effondrement du Rana Plaza, une grande usine textile qui abritait bon nombre de firmes multinationales. Dans cet incident, un des plus récents (avril 2013), des enfants comptaient parmi les 1 135 salariés décédés et les 2 000 blessés. C’est pourquoi, dans un second temps, j’ai enquêté sur cet accident, afin d’analyser la responsabilité qui peut être attribuée aux entreprises et aux consommateurs. Dans mon enquête, la difficulté a été de trouver des sources fiables et théoriques dans le but d’enrichir ma première partie. Rassembler des informations, les lier afin de mener un raisonnement construit n’a pas été d’une simplicité absolue non plus. De plus, il ne fallait pas omettre les conditions du travail des enfants avec certains phénomènes planétaires de mode (tel que le fast-fashion) et certaines stratégies marketing.

Ce qui m’a tout particulièrement tenue en haleine pendant la réalisation du Mémoire sont les approches variées du phénomène, les différentes réactions de chacun des acteurs concernés que j’ai pu rencontrer, et la dépendance de ces derniers : que ce soit les entreprises, les consommateurs ou des États qui agissent, s’ils le font seuls, le résultat s’avère limité. En outre, le parallèle établi entre l’accident bangladais du Rana Plaza et l’incendie du Triangle, survenu à New-York en 1911, m’a captivée car à l’époque les incidents étaient aussi fréquents dans les lieux de fabrication occidentaux qu’ils le sont aujourd’hui dans les sweatshops d’Asie. Peut-on alors rêver d’une amélioration future des conditions de travail salariales, et notamment enfantines, dans l’industrie textile bangladaise?

Max Havelaar : Le commerce (in)équitable

Mémoire de Laurène Hirard (2015)

Aujourd’hui de nouvelles tendances de consommations s’emparent des sociétés occidentales : produits bio, équitables, éthiques… Mais sait-on vraiment ce que cachent ces labels ? C’est en repensant à un documentaire que j’avais vu quelques mois avant de commencer mon Mémoire que j’ai choisi de travailler sur le thème du commerce équitable. Cela m’a paru être l’occasion d’en apprendre davantage sur le sujet mais aussi de pouvoir nuancer les faits mis en avant dans ce documentaire assez critique quant à la mise en oeuvre de ce nouveau commerce. J’ai donc choisi de centrer mon travail sur trois sources principales. Tout d’abord, ce documentaire qui a été très utile, grâce aux images tournées au Sud notamment, mais aussi le livre de Christian Jacquiau Les coulisses du commerce équitable, très critique à l’égard de cette nouvelle pratique commerciale. Cependant, il était pour moi fondamental de ne pas tomber dans une argumentation à charge et de mettre également en avant les points positifs permis par le commerce équitable. Cela a été possible grâce au site internet de Max Havelaar, leader des labels de commerce équitable dans le monde. Dans une première partie, j’ai choisi de décrire de la manière la plus précise possible en quoi consiste exactement le commerce équitable et à quels problèmes il entend apporter une solution (pour les petits producteurs du Sud principalement). Un rapide historique a également permis de constater l’évolution rapide connue par cette pratique depuis les années 1960, pour arriver au commerce équitable actuel. Mais il me semblait également important de distinguer les deux grandes approches actuelles qui s’opposent, l’une prônant la vente de produits équitables uniquement dans des magasins spécialisés, l’autre pensant au contraire qu’il est fondamental que ceux-ci se répandent dans l’ensemble du système de vente, notamment en grande distribution, pour toucher un public plus large. Cette seconde approche est celle que défend Max Havelaar et celle qui a largement contribué à la mise en avant du commerce équitable, encore peu connu au début des années 2000. Dans ma deuxième partie, il m’a semblé intéressant de m’intéresser au fonctionnement de ce label, dont la création remonte au début des années 1990. J’ai choisi de réaliser une sous-partie sur son action au Sud, notamment en analysant les répercussions sur les petits producteurs et les travailleurs. Puis, une seconde sous-partie m’a permis d’étudier l’étape de la vente des produits labellisés au Nord, dans les grandes surfaces notamment. Ma dernière sous-partie a, elle, permis de mettre en avant les principaux débats actuels autour du commerce équitable, concernant la certification Max Havelaar et le prix de vente des produits. Ce travail a été très enrichissant et m’a appris énormément de choses. S’il est vrai que d’énormes progrès restent à faire, il m’est apparu indéniable que le commerce équitable permettait des avancées considérables au Sud. Il était donc effectivement nécessaires de nuancer mes propos et de confronter ce que Max Havelaar décrit de son fonctionnement à la réalité que l’on peut observer. Ce travail n’a pas été facile, notamment compte tenu de l’investissement personnel qu’il demande. Cela demande de réussir à s’organiser pour la rechercher des informations et la rédaction finale, afin de ne pas être pris par le temps. Le Mémoire est aussi, et surtout, l’occasion de produire un travail dont chacun sera fier une fois achevé, malgré les difficultés rencontrées tout au long de l’année pour arriver au résultat final.  

Le Darknet, utopie ou réalité ?

Mémoire de Paul Joalland (2014)

« Continent virtuel », « monde parallèle », toutes les métaphores sont bonnes pour qualifier ce qu’on appelle souvent à tort le « Darknet », un réseau dans l’Internet courant mais sans aucune règle ni contrôle. Entité qui depuis quelques mois passionne bon nombre de journalistes et envahit tous les médias. Il n’est qu’à songer à la polémique récente sur la fermeture du site « clandestin » de vente d’armes, et de drogues, The silk road, et surtout à sa réouverture (sous un autre nom) quelques jours plus tard. Cependant, après lecture ou visionnage de la majorité des informations répandues dans les médias de masse, on est forcé de constater que l’on n’a toujours aucune réponse sur ce que sont exactement les « Darknet », ni même si cette terminologie est pertinente.

Je dois avouer que je suis tombé sur ce thème tout à fait par hasard, en écoutant l’émission de Xavier de La porte Place de la Toile sur France Culture. En effet je ne connaissais absolument rien au sujet, ni même plus globalement à la sphère informatique. Et c’est peu être ce qui m’a poussé à le choisir. J’ai donc commencé mes recherches, et je me suis rapidement trouvé face à un problème. Effectivement les Darknets étaient présentés de deux manières radicalement opposées, par les médias ou émissions classiques et par des revues, des émissions plus spécialisées. Si les premières s’attachaient à condamner en tous points les Darknets, les réduisant qu’à une part cachée de l’Internet ou règnent réseaux mafieux et pornographie, les autres les présentaient comme une alternative à la navigation digitale (qui est, soit dit en passant, toujours plus censitaire et contrôlée). Ma problématique était donc trouvée, j’allais essayer de désenchanter ces réseaux, de faire la part des choses entre ce qui relève du mythe et de la réalité. En d’autres termes, de voir en quoi les médias de masse nous offrent une représentation fantasmée des Darknets conduisant à la confusion de ce concept avec un autre, le DeepWeb, source de nombreux amalgames, tant au point de vue numérique qu’au point de vue physique, spécialement concernant l’initiative Hackers.

Ainsi, au terme de ma seconde partie, suis-je arrivé au constat selon lequel, il y avait confusion évidente entre ce Darknet, Le DeepWeb, et l’ensemble général qui constitue bien une alternative viable. Mais tout en arrivant à la fin de ce second moment, il m’a été suggéré de voir si cette alternative pouvait apparaître en tant qu’Eldorado de la navigation, qu’une vraie Utopie (au sens de Thomas More) digitale, appliquant tous les principes cybermilitants. Et si c’était le cas, à quel courant réel on pouvait la rapprocher. Ou au contraire si cette entité s’apparentait à une anti-utopie, un leurre, visant à piéger tous les réfractaires au système de régulation digitale en place.

Bien entendu, le projet du Mémoire demande un investissement personnel considérable, tant en travail de recherches, qu’en termes de rédaction. Cependant, du moins ce fut le cas pour moi, ce n’est pas en cet aspect que réside la plus grande difficulté. Celle-ci est vraisemblablement plus implicite dans la mesure où le travail fourni est tellement dense qu’on peut être conduit à tomber dans la fascination pour notre sujet, délaissant alors, de manière consciente ou non, le reste du travail qui ne s’arrête véritablement que la veille de conseil de classe de fin d’année. Mais une fois ces difficultés surmontées, et le projet réellement lancé, on prend un grand plaisir à le mener à son terme, aussi intense et conséquent puisse-t-il être.

L’influence du nom propre

Mémoire de Claire Dugué (2013)

Le président du peuple français s’appelle François, voilà une drôle de coïncidence. Mais est-ce vraiment une coïncidence ? Nous pouvons douter de cela, surtout si l’on s’intéresse à la probabilité qu’un dénommé François fasse partie du gouvernement et que l’on considère le nombre d’hommes politiques français arborant ce prénom. Autre coïncidence : votre boucher s’appelle M. Porteboeuf, votre boulanger M. Graindorge, et votre professeur de physique Mme. Serveau. Ce sont ce genre de coïncidences qui m’ont amenée à me demander si le nom ou le prénom pouvaient avoir une influence sur l’individu qui les porte. Par exemple, est-ce que le prénom François pourrait favoriser l’implication de l’individu dans l’administration française ? J’ai donc commencé à effectuer des recherches sur les effets des noms de famille et des prénoms sur les personnes. Les résultats furent passionnants, et me permirent effectivement de mettre en avant trois types d’influences majeures qui peuvent agir sur les choix des individus, et finalement sur leur destin.

Premièrement, l’influence du projet familial ou parental. Cela désigne le message que la famille ou les parents désirent faire passer, via le choix du prénom du nouveau-né. De manière générale, son objectif est d’appuyer l’origine de l’enfant, et cela a pour but d’entretenir le lien avec sa famille, ses parents, et de mettre en avant l’avenir pour lequel il le destine. Ce projet a une double influence. Il fait d’abord passer le message aux personnes extérieures à la famille : l’enfant se place dans sa continuité. Ensuite, il transmet un message à l’enfant lui-même : il est la descendance de ses parents, de sa famille, il porte en lui les mêmes qualités, il aura le même succès que ses parents, etc… . Et ces deux effets se renforcent. Le prénom et le nom de famille servent donc à transmettre un message, un plan qui va influencer l’avenir de l’individu.

Secondement, le prénom et le nom ont une influence sur les jugements d’autrui. Ils comportent des signifiants qui vont transmettre des images des individus, de leurs origines, de certaines de leurs qualités… Ces sous-entendus, totalement subjectifs, vont jouer sur l’appréciabilité du prénom, et donc de la personne. En influant les jugements, les prénoms vont donc également influer les actions des individus. Nous pouvons donc facilement imaginer qu’ils conduiront à certaines discriminations. En particulier quand les éléments subjectifs sont les plus influents, c’est-à-dire lorsque l’on dispose de très peu d’informations sur la personne. Par exemple lors d’un entretien d’embauche, ou lors de  la recherche d’un logement, le nom et le prénom sont les seuls éléments sur lesquels se base le jugement.

Enfin, les expériences mises en œuvre par les sociologues ont montré que la perception que nous avions de notre prénom reflète la perception que nous avons de notre personne. Et la manière dont on se perçoit, dont nous jugeons nos capacités, influe sur nos actions (nos choix personnels, scolaire, professionnels, etc). Les noms et prénoms ont donc une influence endogène. Nous pouvons relier cette dernière à celle du projet familial/parental. Un autre processus intervient également, celui de la stigmatisation. Finalement, la manière dont nous jugeons notre prénom n’est qu’une intériorisation du jugement d’autrui. Les effets exogènes et endogènes viennent donc se compléter et se renforcer.

Ce sujet n’est pas pris très au sérieux en France, mais les sociologues américain l’ont bien étudié, et ont rendu leurs découvertes crédibles grâce aux méthodes utilisées. La majorité des expériences réalisées sont des études statistiques qui permettent de mettre en avant les liens entre tel type de prénom et telle particularité, telle discrimination. Ces sociologues ont ainsi pu mettre en avant deux phénomènes capables d’expliquer comment nous jugeons les prénoms (et les noms) : le théorème de la familiarité et celui de l’égotisme implicite. Les influences des prénoms ne sont donc pas des chimères ou des successions de coïncidences. Et notre prénom est si profondément ancré dans notre personnalité que ces phénomènes peuvent être élargis à d’autres domaines d’applications comme le marketing ou la politique.

Le Transhumanisme : les nouvelles technologies sauveront-elles les hommes ?

Mémoire de Thomas Roux (2013)

Ce travail a été pour moi l’occasion de découvrir un univers que je ne connaissais pas et de m’intéresser à un problème très actuel de nos sociétés contemporaines : la technique. Face au constat (effrayant) de l’omniprésence des machines dans notre quotidien, bâtir une réflexion sur les nouveaux paradigmes d’un progrès devenu perpétuel et exponentiel était  une expérience particulièrement enrichissante.«
À ce sujet, depuis les années 1980 et l’époque de la cyberculture, un mouvement philosophique et culturel est né sur la côte-est américaine : le transhumanisme. Encore peu connu en France, son idéologie technophile prône le mariage entre nouvelles technologies et humanité pour dépasser notre condition biologique et ainsi nous augmenter. L’objectif de mon Mémoire a donc été de questionner le réalisme et la dangerosité du transhumanisme, tout en l’ayant présenté le plus objectivement possible au préalable. Rentrerons-nous dans un monde mi-humain mi-artificiel pour tenter d’échapper à l’obsolescence inexorable de l’homme ? Assisterons-nous à La fin de l’homme via l’abolition de la souffrance et de la mort ? Ainsi, une  substitution de l’homme à la technique est-elle souhaitable? Répondre à ces questions est d’abord le fruit d’une recherche et d’un questionnement éthique autour du transhumanisme et de son projet d’atteindre la « posthumanité ».
L’investissement de travail nécessaire à la réalisation de ce Mémoire ne doit pourtant pas empêcher de poursuivre un travail soutenu dans les autres matières de la première année de prépa ECE. Mener un tel projet est une chance, car il vous apportera autant d’expérience que de satisfaction. En ce sens, mon conseil se porte sur le choix du sujet. Il se doit d’être réfléchi et de combler ainsi la volonté, qui sera la vôtre, d’approfondir véritablement la problématique élaborée. Je conseillerai par ailleurs de vous imposer la plus grande rigueur, aussi bien quant à la gestion du temps qu’au respect d’une démarche à portée universitaire.

Pouvons-nous continuer à vivre dans une société où règne l’obsolescence programmée ?

Mémoire de Mathilde Vallée (2013)

Le sujet de mon Mémoire m’est venu assez tôt à l’idée, grâce à un reportage sur lequel j’étais tombée par hasard. J’ai eu quelques hésitations, mais ai poursuivi en ce sens. D’emblée, il m’a paru intéressant car il pouvait représenter le fonctionnement de notre société de consommation : ce qui encourage et pousse le consommateur à acheter, acheter, acheter encore. De plus, dans l’actualité, beaucoup d’articles sont parus pendant l’année sur ce phénomène plutôt méconnu. Un livre écrit par l’économiste Serge Latouche m’a permis de mieux comprendre et cerner le sujet, d’en connaître les grands traits qui pouvaient me guider dans son approfondissement.

J’ai donc choisi de développer ce Mémoire en plusieurs points principaux. J’ai d’abord analysé le phénomène d’obsolescence programmée, puis les outils mis au point par les entreprises, qu’il s’agisse « d’obsolescence planifiée », c’est-à-dire fabriquer un appareil qui tomberait en panne après un certain temps d’utilisation, ou « d’obsolescence psychologique », encourager à l’achat, par la publicité par exemple. Cela m’a notamment permis d’en apprendre plus sur l’entreprise en elle-même, certaines techniques de vente, etc. Mais un point capital restait les conséquences sur la société d’aujourd’hui, environnementales, morales, et les perspectives futures.

Cela m’a amené à lire plusieurs livres, en français ou en anglais, car la notion est plus pratiquée aux Etats-Unis. Dès 1960, certains auteurs évoquaient déjà le phénomène, effectif dès le début du XXe siècle. La lecture est une étape particulièrement importante car c’est elle qui nous permet de connaître au mieux notre sujet, d’en saisir tous les aspects, d’où également la nécessité de diversifier les sources sans se focaliser sur un ou deux ouvrages.

Le travail du Mémoire, sur dix mois, n’a pas toujours été facile. Il faut savoir mesurer le temps nécessaire au choix du sujet, à la lecture et à la rédaction. Non, il n’est pas toujours aisé de conjuguer la classe préparatoire et sa rédaction, toutefois, c’est une très bonne expérience qui apporte à la fois de nouvelles connaissances et une capacité de recherche et rédaction. Je conseillerai ainsi aux futurs étudiants d’ECE de bien s’organiser, sur le temps et la rédaction, ne pas hésiter à utiliser toutes les ressources à leur disposition, et aussi de bien choisir le sujet, car il est plus facile de rédiger et d’approfondir si cela nous intéresse.

Salvador Dali, précurseur d’une nouvelle société  ?

Mémoire d’Alice Duval (2013)

Figueres. C’est cette petite ville qui fut le point de départ de mon Mémoire. J’y ai découvert un personnage que je ne connaissais pas, mis à part de nom. Ce n’est pas les œuvres de Dali qui m’ont époustouflée mais plutôt la personnalité qu’il semblait dégager. En effet, l’extravagance et la provocation étaient des points marquants de son musée. De plus, dans toute la ville, et notamment dans des hôtels ou restaurants, j’ai pu entrevoir maintes photos du peintre catalan lors de soirées huppées, accompagnées de personnes célèbres comme le Roi Juan Carlos ou encore Amanda Lear. Il arborait alors des tenues plus extravagantes les unes que les autres. Deux mois plus tard, une rétrospective exceptionnelle de ce peintre avait lieu au centre Georges Pompidou à Paris. Il m’a alors paru judicieux d’étudier plus en profondeur ce personnage, d’autant plus que le sujet était d’actualité.

En me documentant, j’ai réalisé qu’il était en fait un personnage très controversé, tant sur le plan artistique que sur sa personnalité, il n’est pas célèbre que pour ses œuvres. Effectivement, ce Mémoire montre qu’il apparaissait dans de nombreux autres domaines tels que la télévision, la publicité, l’écriture, le cinéma ainsi que la politique. Ce tour d’horizon du personnage m’a ensuite permis de réfléchir au rapport qu’il entretenait avec la notoriété. Beaucoup de questions se sont alors posées à moi  : pourquoi utilisait-il les médias ? Etait-il conscient de l’impact considérable que pouvaient avoir ces nouveaux moyens de communication  ? Comment les utilisaient-ils ? Ce Mémoire met en lumière le fait que Salvador Dali avait conscience d’une nouvelle société, et notamment de la consommation s’élaborant à son époque. La provocation et l’extravagance qui était celle de ce personnage lui ont donc permis l’accès à la notoriété. J’ai aussi voulu m’intéresser à l’aspect psychologique de personnage afin de trouver les causes de cette soif de reconnaissance. Une analyse du narcissisme permet de mieux comprendre ce nouveau désir de notoriété qui ne cesse, par ailleurs, d’être croissant dans nos sociétés contemporaines.

Finalement, ce Mémoire m’a permis de toucher à divers domaines tels que la philosophie, l’art, la psychologie et les phénomènes sociaux. Il fut aussi l’occasion pour moi d’interpréter des notions philosophiques sur un cas particulier. Cela a été un travail très enrichissant, tant sur le plan des connaissances, que sur ceux de l’organisation et de la rédaction.

De la Seconde Vague à aujourd’hui: visions et réactions masculines face aux mouvements féministes

Mémoire d’Amandine Neff (2012)

Si l’idée du Mémoire m’a enthousiasmée dès le début, je me suis très vite rendue  compte de la complexité du travail. Première difficulté : le choix du sujet et la définition d’une bonne problématique ! En effet, voulant aborder la question des femmes dans nos sociétés contemporaines, j’ai longtemps tourné autour du sujet sans jamais réellement définir l’angle d’approche qui me satisferait le plus dans mon travail intellectuel. Ce n’est qu’au début du mois de février que j’ai enfin arrêté le thème : visions et réactions masculines au féminisme depuis la Seconde Vague. Je me suis donc attachée au cours des quelques mois qui ont suivi à analyser la possible relation entre la crise de la virilité contemporaine et les mouvements féministes. Si j’avais déjà lu des livres portant sur les rapports de genre qui m’ont orientée vers mon sujet final, ce n’est qu’à partir du mois de mars que je me suis attachée à lire la bibliographie que je m’étais choisie. D’ Elizabeth Badinter à Eric Zemmour, d’un livre sur la crise de la virilité au hors série de « Charlie Hebdo », je me suis épanouie dans ces lectures toutes plus intéressantes les unes que les autres.

Mon premier conseil serait donc de choisir un sujet qui vous enthousiasme réellement afin que les lectures puissent davantage relever du plaisir que de la corvée. J’ai  commencé la rédaction de mon Mémoire à l’occasion des vacances de Pâques. Bien que cela fût très laborieux dans un premier temps, très vite les idées se sont enchaînées plutôt harmonieusement, si bien que d’une page par jour, je suis arrivée à écrire une petite quinzaine de pages en une seule journée. Ainsi, au risque d’être peu originale, j’encourage chacun des futurs ECE1 à ne pas tarder à rédiger, à s’astreindre à une véritable discipline « universitaire » qui bientôt ne vous semblera plus si difficile. En effet, ce travail colossal que représente le Mémoire et qui plus est en parallèle de la classe préparatoire, m’a permis d’approfondir un sujet qui me tenait à cœur, de connaître une réelle aventure intellectuelle. J’en retire donc une profonde satisfaction et un grand bénéfice : entre préparation à nos études futures, amélioration de la rédaction et de la réflexion, approfondissement d’un sujet et ainsi de ma culture générale, le Mémoire est définitivement une expérience enrichissante et passionnante.

Touristes-Voyageurs, des temps modernes à nos jours

Mémoire de Matthieu Michot (2012)

Les phénomènes touristiques m’ont toujours intrigué. Lors de divers voyages effectués en famille, où moi-même j’ai été un touriste, fréquentant d’autres touristes bien différents les uns des autres, il me semblait que nous formions une catégorie à part entière. Mais pourquoi ? Ce Mémoire m’a donné l’occasion de porter ma réflexion de manière plus approfondie sur cette question du touriste, au point même de me demander si ce phénomène n’était pas plus ancien que je pouvais le penser. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre appui sur des textes d’écrivains, philosophes et poètes qui ont eu cette culture du voyage, pour chercher chez eux ce qui pouvait être les caractéristiques du touriste. J’ai tenté de montrer que l’on pouvait utiliser le terme de « touriste » en parlant de Michel de Montaigne ou de Goethe par exemple ; que le touriste est apparu bien avant que le mot ne soit inventé par les Anglais à la fin du XVIII° siècle. Cela me donnait la possibilité de replonger dans des textes que je n’avais pas eu l’occasion de lire jusqu’à présent. Effectuer mes recherches dans ces textes littéraires me permettait d’être le plus juste vis-à-vis du vécu de l’écrivain et ainsi de me forger ma propre opinion. J’ai notamment pu me rendre compte que le tourisme d’aujourd’hui n’est qu’une accumulation successive des formes de tourisme précédentes, les touristes d’aujourd’hui reprennent les touristes d’antan, et les adaptent à la société de consommation qu’est la nôtre.

J’ai dans un premier temps choisi sur quels grands personnages mon analyse allait se porter, les grands canons de la littérature se sont « imposés » à moi, entre autre Montaigne, Rousseau, Chateaubriand, Goethe, Proust, Mann, Flaubert, ou encore Stevenson. La difficulté, mais aussi et surtout le plaisir de cette démarche, a été le temps de la lecture, auquel une grande partie de mon temps était consacrée afin de trouver une citation, une anecdote ou un élément que je pourrais exploiter. Il a fallu également lire des ouvrages spécialisés sur la question du tourisme, pour acquérir les connaissances historiques nécessaires.

J’ai pu, durant cette longue aventure, voyager en cheval, en âne,  à travers l’Italie ou en Amérique, me reposer dans des stations balnéaires, etc. J’ai avant tout acquis une connaissance plus profonde sur les auteurs cités plus hauts et sur le tourisme. Ce voyage qu’est le Mémoire est certes perturbé par quelques obstacles, mais c’est une expérience que, j’espère, les prochains étudiants de la classe ECE auront le plaisir de connaître !

Contes de fées dans le monde contemporain

Mémoire d’Amélie Gabay (2012)

J’ai rapidement choisi le sujet de mon Mémoire lorsque j’ai, par hasard, lu un livre traitant de la psychanalyse des contes de fées. J’ai trouvé cette étude très intéressante dans le sens où elle soulevait de nombreuses interprétations de ces contes dont je n’imaginais pas l’existence. Après avoir fait une lecture plus approfondie de cet ouvrage, et après avoir relu quelques grands classiques des frères Grimm ou bien de Charles Perrault, les fondements structurels de mon mémoire ont commencé à se dessiner.

Mais je ne voulais pas m’arrêter uniquement à cet aspect psychanalytique, c’est pourquoi j’ai décidé d’étudier également la façon dont les codes des contes de fées s’inscrivent dans la société contemporaine, dans le domaine de la publicité, du cinéma et aussi dans la sphère politique. Les hommes politiques utilisent ces codes lors de leurs discours et meetings. Le concept est le suivant : raconter une histoire pour davantage susciter l’intérêt collectif. Le message des politiques passe mieux lorsque leur contenu est enjolivé et narrativisé. Cette technique du Storytelling est utilisée aujourd’hui et rencontre un grand succès.

Tout d’abord, j’ai appris beaucoup de choses quant aux grands classiques des contes de fées. Ces ouvrages qui font partie de l’inconscient populaire sont nécessaires pour comprendre les modes de vie et les besoins de la population de l’époque. L’interprétation contemporaine que l’on en fait, d’un point de vue psychanalytique, démontre que les contes de fées délivrent des vertus aux enfants. J’ai grandement appris en outre sur le monde de la politique et sur les méthodes publicitaires.

 Ce travail important sur le long terme fut parfois difficile certes. Lors des toutes premières recherches, on a l’impression d’être dans le flou, de ne pas aboutir à grand chose de concret. Or, c’est en passant beaucoup de temps à lire, à écouter, et à parler de son sujet (même peu avancé) que les contours de celui-ci se tracent. C’est pourquoi il est fondamental de continuer sur sa lancée et ne jamais mettre le Mémoire de côté pendant un temps. Je conseille donc aux futures promotions de commencer tranquillement les recherches assez tôt pour ne pas être dépassées au fil du temps. Le Mémoire est un travail universitaire d’où la nécessité de ne pas le négliger, d’autant plus qu’il apporte aux étudiants une rapidité de rédaction et un socle culturel supplémentaire sur lequel il est possible de s’appuyer lors d’éventuels entretiens futurs.

 

Le miroir Facebook

Mémoire de Paul Appéré (2012)

J’ai décidé de prendre Facebook comme sujet de mon mémoire car il me semblait que ce réseau social était à lui seul un véritable reflet des caractéristiques et évolutions de la société. Étant moi-même inscrit sur le site, je voulais mieux appréhender l’activité des utilisateurs et en comprendre les motivations plus ou moins conscientes. Pour ce faire, j’ai dégagé de grandes tendances sociétales – telles la montée de l’individualisme ou l’obligation de réussir – qui pourraient expliquer certains comportements sur Facebook, comme l’exhibitionnisme ou le voyeurisme.

Ce Mémoire est une chance qui doit être saisie. Il permet de développer ses capacités d’analyse, de réflexion et de rédaction, tout en permettant d’acquérir des connaissances précises et complètes sur un sujet donné. Une fois abouti, ce projet est une véritable source de satisfaction, mais aussi de fierté.

Néanmoins, écrire un tel travail de qualité universitaire en classe préparatoire ne s’improvise pas. Il est nécessaire de s’organiser et d’enclencher le processus de rédaction le plus tôt possible. Il faut aussi savoir traverser les quelques moments de doute qui arriveront immanquablement. Enfin, le succès de ce projet est intimement lié à la motivation et à l’investissement qui y est consacré : mettre du cœur à l’ouvrage, c’est déjà le réussir en partie.

L’euthanasie : quelle fin de vie voulons-nous ?

Mémoire de Philippe Belan (2012)

Le choix de mon sujet a été, finalement, assez rapide. L’euthanasie, en tant que projet de Mémoire, m’a paru tout à fait passionnant, articulant problématiques à la fois contemporaines et anciennes, notamment celle de la mort, question majeure dans nos sociétés. La mort a connu un long processus de refoulement, d’ostracisation, osons le mot. A tel point qu’elle n’a presque plus de place aujourd’hui. Aussi, la souffrance est actuellement bannie  : on ne supporte plus la douleur. L’euthanasie arrive à point nommé dans ce processus en tant qu’elle veut contrôler le trépas et lutter contre la souffrance, indigne pour certains.

Dès lors, ma démarche s’est axée sur la fin de vie que nous souhaitons. Si l’euthanasie apparaît comme idéale, les problèmes qu’elle pose sont évidemment nombreux. En fait, la question est de savoir si un individu est libre lorsqu’il demande une euthanasie. Alors évidemment, la question devient extrêmement complexe puisque si l’on veut d’un côté lutter contre la souffrance, conserver sa dignité, on ne peut pas cacher des éléments économiques ou consuméristes (qui seraient de réelles motivations à sa légalisation). L’un des principaux arguments pour une législation en sa faveur est que la souffrance fait perdre à un homme sa dignité. Jacques Ricot s’oppose à cette vision. Pour lui, la véritable dignité réside dans son sens ontologique, c’est-à-dire dans son essence humaine, qu’un individu ne peut perdre. Vous l’aurez compris, le débat sur l’euthanasie passe souvent par une guerre des mots  !

Rester neutre et ne pas tomber dans les travers d’un pamphlet contre l’euthanasie n’a pas été évident. Plus nombreux sont en effet les auteurs radicalement contre cette éventuelle légalisation. Plus rares sont ceux qui y sont en tout point favorables. La lecture d’une dizaine de livres a été, de fait, très enrichissante tant elle ouvre des perspectives et des pistes de réflexion indispensables sur le sujet. Repérer des passages importants et savoir les retrouver rapidement lors de la rédaction est évidemment indispensable pour structurer son travail de recherche ainsi que sa pensée. La puissance argumentative dépendant avant tout de ses références.

Le nouveau visage des Chinois

Mémoire de Marion Boisset (2011)

Je n’ai pas longtemps hésité sur le sujet que je souhaitais aborder pour mon Mémoire. La Chine est un pays qui m’attire depuis plusieurs années et je voulais mieux comprendre et expliquer les modes de vie de sa population qui peuvent parfois surprendre. Ayant voyagé dans ce pays, j’avais déjà des souvenirs de différences culturelles majeures (comme les crachats incessants dans les rues pour purger le corps) et je souhaitais explorer plus profondément ces spécificités. J’ai rapidement voulu trouver des liens avec l’histoire de la Chine et essayer de mettre en évidence les changements dans les habitudes des Chinois depuis l’instauration du socialisme de marché.

Dès lors, j’ai débuté mes recherches en m’appuyant sur mes cours suivis au lycée et en empruntant des ouvrages à la bibliothèque des Champs Libres et au CDI. J’ai rencontré certaines difficultés à saisir des notions, notamment en philosophie, comme dans le confucianisme ou la cosmologie par exemple, alors que ma partie historique a été très simple à rédiger. Puis, je me suis attachée à trouver des concepts qui se sont radicalement modifiés depuis l’ouverture économique du pays, tels que l’unité de travail (danwei en chinois) ou encore l’attitude du gouvernement.

Ce projet m’aura permis de fournir un travail régulier, de trouver des solutions pour dépasser les difficultés, d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de la Chine au XXème siècle, et sur des idées véhiculées depuis plus de deux millénaires. Je pense pouvoir désormais mieux comprendre les réactions des Chinois face à l’Occident et j’espère pouvoir en tirer profit dans ma future vie professionnelle.

Je conseillerai vivement aux futurs élèves de bien soigner leur prise de note en effectuant leurs recherches et de conserver les références bibliographiques pour faciliter le travail de rédaction. Il ne faut pas non plus attendre la fin de l’année pour commencer mais bien s’efforcer de revenir régulièrement sur son texte et ses recherches pour garder en tête ses analyses et mûrir sa réflexion sur le sujet.

Les Jeux Olympiques : un mythe persistant ?

Mémoire de Cédric Tanvet (2011)

Après quelques tâtonnements et lectures, je me suis décidé à aborder le sport sous un angle différent : non pas le sport en tant que pratique éducative du corps, mais comme instrument de domination et de perversion. Il me restait à choisir la compétition qui serait le fil directeur de mon propos. Par souci d’ouverture et de contenu culturel, mon choix définitif s’est tourné vers les Jeux Olympiques. Patrimoine de l’humanité qui vit avec son temps, cette compétition est universellement connue et reconnue. A sa moindre évocation, l’olympe grec et ses dieux se profilent en filigrane. Bien évidemment mes doutes ont été expressément confirmés par cette question, les Jeux sont-ils vraiment la réalisation idyllique du sport ? Non, la réponse est sans appel : discrimination, corruption, argent, propagande, pollution, et j’en passe ; le sport est plus que du sport. Il me fallait alors adopter une démarche qui puisse rendre compte des faits passés, présents et … futurs. Ce travail couvre une période de près de 30 siècles. Les références historiques m’ont, inévitablement, été précieuses pour illustrer mes différentes analyses. J’aborde successivement, les maux qui affectent et rongent l’édifice olympique, et je tente de comprendre les interactions entre chacun. Pour étayer et faciliter la lecture, j’ai inséré des éléments soit surprenants soit culturels.

Le travail n’a pas été évident. Comme tout néophyte de l’exercice, les premiers pas ont été laborieux. Si les lectures m’ont aidé à avoir des idées plus claires sur la question, je regrette de n’avoir pas pris de notes en parallèle afin d’éviter de devoir me replonger dans un ouvrage pour retrouver le passage cherché. La question du sport fait débat chez les auteurs. A coté d’une littérature critique du sport assez peu nombreuse, les traités élogieux foisonnent. La difficulté a été d’être le plus neutre possible ; ce qui a permis à ce travail de rester cohérent. Ainsi, outre un discours personnel, ce travail de longue haleine se clot par des suggestions pour restituer des valeurs humaines aux Jeux.

J’espère que cela va donner envie aux prochaines promotions de ECE de se lancer dans le grand bain du travail « universitaire ». Au risque de paraître redondant, je conseille aux étudiants de s’y prendre tôt afin d’avoir du recul sur le travail. Egalement, n’abordez pas la longue route du Mémoire à reculons ; le plaisir ressenti par un travail bien fait vaut toutes les incertitudes d’une première année de classes prépa. Le jeu en vaut la chandelle !

Mode et égalité des sexes

Mémoire d’Agathe Marin (2011)

Pour mon Mémoire sur l’évolution de la mode vestimentaire des femmes en fonction de leur place dans la société en France au 20ème siècle, j’ai suivi la démarche suivante. Tout d’abord j’ai voulu profiter de cette occasion pour étudier le sujet de la mode qui me tient à cœur . En effet, je voudrais travailler dans ce domaine. Mais je m’intéresse également à la lutte pour l’égalité des sexes. J’ai alors pensé qu’il serait intéressant de mettre en relation ces deux thèmes. Une fois le sujet choisi, j’ai mis en place ma problématique, délimité mon sujet, historiquement et géographiquement.

Or c’est ici que j’ai rencontré les premières difficultés. En effet, il faut faire attention à cette étape de délimitation pour ne pas que le Mémoire soit trop « raconté » et pas assez problématisé. Une fois ma problématique définie, j’ai cherché des ouvrages, des documentaires, des DVD, des articles et sites internet puis je me suis lancée dans la rédaction avec prudence. En effet j’ai rencontré d’autres problèmes à ce moment là. J’ai découvert que certains auteurs se contredisaient et j’ai donc dû approfondir mes recherches. Mais c’est ce que j’ai trouvé le plus intéressant !

Je suis donc contente d’avoir choisi ce sujet car j’ai découvert plein d’informations très intéressantes (qui pourront peut-être m’aider pour l’obtention d’un stage dans ce domaine).

Quels  droits d’auteur sur internet ?

Mémoire de Maxime Ledez (2011)

La première idée qui m’est venu, lorsque j’ai su qu’on devait rédiger un Mémoire, était d’effectuer un travail autour de la musique. La question était de déterminer sur quoi précisément et en rapport avec quelle grande problématique des sociétés contemporaines. J’ai pensé m’intéresser aux évolutions parallèles de la musique et de l’économie, car je lisais un livre de Jacques Attali qui traite du rapport entre ces deux domaines. Mais ce sujet était beaucoup trop vague. Il me fallait quelque chose de plus précis, et je souhaitais aussi plus me concentrer sur des enjeux actuels. Ma réflexion m’a mené vers les droits d’auteur, et je voulais profiter de ce Mémoire pour éclaircir ce thème qui m’intriguait, et pour comprendre l’organisation du système permettant aux artistes et aux auteurs de subvenir à leurs besoins. En effectuant petit à petit des recherches, une problématique contemporaine s’est imposée : celle des contradictions entre l’Internet et le système des droits d’auteur. J’ai pu assez facilement trouver des documents traitant du sujet, et ceux-ci étaient majoritairement récents, ce qui correspondait donc bien à l’actualité.

Ce Mémoire m’a apporté une grande satisfaction dans la mesure où j’ai réussi à mener un travail d’investigation sur le long terme. De plus j’ai acquis des connaissances diverses et variées autour de la culture, du droit, et de l’économie. En écrivant et en me relisant, j’ai pu m’améliorer en expression écrite. Cependant les recherches et la rédaction m’ont fait aussi rencontrer quelques obstacles. Dès le départ, je me suis mis à lire le Code de la Propriété Intellectuelle pour comprendre comment les droits d’auteur étaient définis. Le vocabulaire juridique m’a vraiment paru très technique, et je me suis même demandé si je n’allais pas devoir changer de sujet… J’ai compris alors qu’il ne fallait pas aller principalement dans cette direction, mais plutôt dans celle des analyses.

Aussi une autre difficulté était d’organiser les idées tout au long du Mémoire. Par exemple, j’ai longtemps hésité à placer les mutations dans l’industrie musicale dans ma première ou ma deuxième partie. Dans ces cas-là, il faut bien revenir à une vue d’ensemble du plan, pour visualiser l’enchaînement des idées. La gestion du temps est de même très importante, car on a beau s’y prendre à l’avance, on n’imagine pas vraiment à quel point cela prend du temps. A la fin j’étais un peu frustré de ne pas avoir développé plus longuement certains points qui me paraissaient très intéressants. Cependant je suis tout de même arrivé à conclure un travail qui correspondait à la forme que j’envisageais au début.

Le sujet était très riche, il englobait plusieurs affaires et débats en relation avec le numérique et la propriété intellectuelle, comme la question de la bibliothèque numérique mise en place par le géant Google, ou encore celle de l’Hadopi. J’ai découvert des points de vue très divergents, ce qui stimule un peu plus les enjeux. De plus, j’ai réalisé une étude historique des idées concernant le statut de l’auteur dans la société. Il est vrai que l’on peut se demander pourquoi l’œuvre bénéficie d’une protection juridique, et comment les auteurs ont revendiqué la souveraineté de leurs œuvres. Le travail a été tout au long passionnant, il m’a demandé une grande capacité d’organisation dans la réflexion et dans la réalisation et c’est sûrement l’élément le plus important.

Le Sexe dans notre société, de la libération à la marchandisation

Mémoire de Paul Le Derff (2010)

Je n’ai pas mis beaucoup de temps à trouver quel sujet je pourrais traiter comme Mémoire, à peine quelques jours après qu’on l’ait évoqué en classe si je me rappelle bien. La place du sexe dans notre société, tout comme la sexualité en elle-même, est un sujet très général, vaste et évidemment lié à l’époque et au contexte social. J’ai donc décidé de cibler mon sujet en traitant du renversement paradoxal que l’on a pu connaître depuis le début de la deuxième moitié du XXe siècle, c’est-à-dire de la libération sexuelle qui s’est rapidement transformée en une marchandisation et une banalisation. Même si ce thème n’a aucun rapport avec les écoles de commerce, il est intéressant parce que je/nous suis/sommes issu(s) de cette « génération Y » qui n’a connu aucun réel combat social comme ça pouvait être le cas entre les années 60 et 80, mais qui est tombée tout petite dans cette grande marmite du sexe qui nous a plus ou moins forgés via la publicité, les séries télé souvent américaines, la montée gigantesque de la nouvelle industrie pornographique, et bien entendu le discours de plus en plus permissif, illustré par le fameux dicton : « Y a pas de mal à se faire du bien ».

Le travail fut pour moi assez simple, et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Je construisais mon plan, et ensuite je « remplissais ». Bien sûr, il y a eu quelques modifications ou arrangements en cours de route, mais ce fut globalement assez marginal. Je me suis d’abord intéressé à la fameuse « révolution sexuelle », essayant d’étudier une grande partie de ses aspects et à la fin questionnant si celle-ci méritait-elle véritablement son nom, si elle était si révolutionnaire. Ensuite, j’ai voulu faire un constat actuel de la montée de ce phénomène assez contemporain du sexe qui se vend (on pense bien évidemment à l’industrie pornographique par exemple, mais aussi à Internet qui est devenu un véritable « hypermarché du désir »), mais qui fait également vendre (il suffit de regarder dix minutes de publicités pour s’en rendre compte, si ce n’est pas déjà fait). Ce n’est qu’après avoir étudié ces deux facettes presque antagonistes que j’en suis venu à questionner les possibles raisons et causes de ce bouleversement.

Il est difficile de donner de réels « bons conseils » pour un premier travail de cette envergure, chacun étant différent et ayant ses propres méthodes. La seule astuce que je peux donner est de lire et d’écrire en même temps, l’un et l’autre s’influençant. Personnellement, j’ai besoin de travailler sous pression, sinon je remets tout au lendemain. En effet, je n’ai pas été de ceux qui ont commencé à l’avance. J’ai même débuté l’écriture à la rentrée des vacances de Pâques, et j’ai rendu mon Mémoire un mois et demi plus tard. Si vous tenez plus du lièvre que de la tortue, restez assez lucides et ne vous endormez pas trop (sur vos lauriers ?), vous pourrez peut-être alors remporter de belles parties

Une seconde vie dans un monde virtuel

Mémoire de François Jourdan (2010)

C’est quelque peu au hasard que je suis tombé sur mon sujet de Mémoire. Je souhaitais en effet travailler sur un thème pouvant me passionner au point d’y consacrer une année de travail. Rapidement, je me suis orienté vers le secteur des nouvelles technologies de l’information et des télécommunications, étant particulièrement intéressé par leurs impacts sur la nouvelle génération, que l’on nomme parfois «génération Internet». Mais le sujet était beaucoup trop vaste pour pouvoir prétendre en faire le tour. Il m’a alors fallu le restreindre. Et c’est par hasard, en effectuant des recherches sur ce thème que j’ai découvert un article sur « Second Life », un jeu en ligne suscitant aussi bien la curiosité des joueurs et des médias.

Ce jeu « révolutionnaire » a été lancé sur la Toile en 2003. Chaque internaute est alors invité à y créer un avatar anthropomorphique et évoluant dans un univers ressemblant à s’y méprendre à notre réalité. Le succès fut lent mais, en 2007, lorsque les premiers exemples d’entreprises débarquant sur ce territoire numérique pour y développer une activité et les exemples de joueurs déclarant des revenus conséquents provenant de ce jeu furent révélés, le jeu devint un centre d’intérêt médiatique. Bien que désormais effacé derrière le nouveau phénomène du web, à savoir les réseaux sociaux Facebook et Twitter, la société Second Life continue à vivre et accueille même de nouveaux habitants, ce qui est sans doute la conséquence du succès du film Avatar de James Cameron ayant provoqué l’envie à bien des spectateurs de vivre eux-même une seconde vie virtuelle.

Pour avoir un point de vue objectif sur ce jeu, je me suis moi-même plongé dans ce monde virtuel en prenant l’aspect d’un avatar. Brève expérience mais très utile pour avoir des pistes d’interrogations sur ce jeu, d’autant plus que les écrits sur le sujet, hormis les articles présentant de banals faits divers sur Second Life, ne sont pas légion. J’ai donc choisi un point de vue plus global en m’interrogeant tout d’abord sur les différences entre Second Life et les jeux vidéo traditionnels, puis en cherchant à savoir si ce jeu était davantage un facteur de troubles psychiques, notamment d’addiction, en donnant une place particulière à la notion d’avatar, au centre des jeux massivement multijoueurs.

Bien qu’au premier abord ce sujet puisse paraître quelque peu fantaisiste, je compte bien l’utiliser dans le cadre de travaux futurs. En effet, l’Internet de demain pourrait bien ressembler à un univers virtuel en trois dimension dans lequel chaque internaute évoluerait sous les traits d’un avatar et faisant ses courses en lignes dans les rayons d’un magasin réel reproduit à l’identique dans cet espace numérique. Dans cette perspectives, les connaissances acquises pourraient m’être fortes utiles.

Tant pis si je ne suis pas original en disant cela, mais je conseille à tous les étudiants d’entreprendre assez rapidement les recherches afin de pouvoir ressentir, au moment de l’impression, une satisfaction totale. Ce travail est de toute évidence le plus long et le plus vaste de ceux que vous aurez eu à réaliser depuis le début de votre scolarité. Votre investissement sera tel qu’il est même forcément quelque peu frustrant. En effet, on se dit souvent qu’on aurait pu mieux faire et que certains points auraient mérité davantage d’approfondissement. Pour atténuer cette frustration, s’y prendre tôt est pour moi la meilleure solution. Mais pour réussir un bon Mémoire, la meilleure voie est principalement celle du travail passionné. Choisir un sujet pouvant vous motiver toute l’année n’est pas chose évidente. Réfléchissez bien. Veillez également à ne pas négliger la mise en forme. Une écriture justifiée et un travail bien relu vous éviteront quelques déceptions. Mais après une année d’effort où ce mémoire doit trouver sa place parmi un travail conséquent, vous aurez le droit à une fierté légitime d’avoir rendu un travail de qualité universitaire.

À quoi bon diaboliser le Manipulateur ?

Mémoire de Medhi Weber (2010)

D’emblée, j’ai voulu placer le cadre théorique de ce mémoire dans un embryon de provocation, de saisissement, de … paradoxe. Traiter du Manipulateur dans le contexte d’une classe préparatoire aux écoles supérieures de commerce n’est, je crois, pas complètement incohérent ni fondamentalement insensé. De plus c’est un personnage qui me fascinait, je pense avoir déjà rencontré ce type d’individu au long de mon parcours et j’ai toujours eu une sorte d’admiration ambivalente, malsaine, presque honteuse pour ces soi-disant « malfrats » des relations humaines. Il s’agissait donc, d’un point de vue personnel, de démystifier le jeu d’acteur, le stratège répréhensible, l’imposteur imprévisible, l’illusionniste de l’influence.

L’entreprise ne fut pas sans embûches. La Manipulateur n’est pas un bloc massif d’adjectifs cohérents, il est en fait indescriptible. Fallait-il pour autant en abandonner le projet ? Avec le recul, je persiste à le nier. Il a, certes, fallu se confronter à des œuvres techniques mais aussi et surtout déstabilisantes et dérangeantes. La définition impossible de mon cher Manipulateur aboutissait à une conclusion simple : j’allais traiter de ses différentes facettes et influences. D’abord je pris le parti d’aborder le masque/la facette le(la) plus aisé(e) à concevoir pour le lecteur, individu sain : l’imposteur, le fallacieux, le félon de la relation. Il s’agissait d’aller du stratège malfaisant à l’individu instable : cet imposteur n’est vraisemblablement pas quelqu’un d’entier, de complètement structuré. Je laissais donc cet embryon d’homme en suspens, pour en venir à une dimension plus globale, la manipulation au cœur de l’influence médiatique, c’est-à-dire, selon moi, le paroxysme  du manipulateur illusionniste. Finalement, je revenais vers cet individu frappé du sceau de la vicissitude, et dans ce plus simple appareil dans lequel il se trouvait, je voyais grandir en moi une sorte d’empathie. Il s’agissait donc d’appréhender et de comprendre le manipulateur via la psychologie sociale puis la psychanalyse : le « pervers narcissique », comme on l’appelle parfois, est tourmenté au moins autant qu’il tourmente.

Bien que d’abord, je le pense, presque inconciliable avec la masse de travail en prépa, cette entreprise apprend à faire des choix, seul. L’épaule réconfortante du professeur s’éloigne agréablement et laisse entrevoir des perspectives de « fierté » essentiellement individuelles et valorisantes du point de vue de l’autonomie. 

Je n’ai, en réalité, qu’un seul conseil à donner quant à ce projet, bien avant les récurrents « S’y mettre tôt dans l’année » et « Commencer vite à rédiger » : je conseillerais à tous ceux qui désirent rendre quelque chose de cohérent, de prendre simplement du plaisir à chaque étape de la construction de cet ouvrage. Ce plaisir vous permettra de passer les recherches avec aisance, de dépasser les moments de découragement, de doutes en ressortant grandi(e)s et plus assuré(e)s, et surtout de rédiger quelque chose de saisissant et donc de passionnant, peu importe votre sujet.   

La cosmétofood : quand manger rend beau …

Mémoire de Léa Warconsin (2010)

J’ai eu envie de réaliser mon Mémoire sur ce thème car je l’ai découvert par hasard en regardant un reportage et je l’ai trouvé très surprenant. Comment ce concept était-il né, et comment pouvait-il perdurer alors que les fondements paraissaient reposer sur de minces croyances ? Je souhaiterais également travailler dans le marketing après mon école de commerce ; j’ai donc pensé que l’étude de la cosmétofood pouvait m’être utile pour mon avenir professionnel. En discutant avec mon entourage, je me suis aperçue que ce concept semblait intriguer les gens. Ma curiosité personnelle m’a ainsi motivée pour approfondir ce sujet et en découvrir les vrais ressorts.

Pour réaliser cette étude j’ai surtout recherché des informations sur Internet car peu de livres abordent ce sujet. J’ai commencé à accumuler les documents au mois de décembre afin de pouvoir me faire une idée des points à développer. A partir de ceux-là, j’ai donc construit ma démarche et ma problématique qui est venue très simplement (sur l’efficacité réelle ou non). Cependant la cosmétofood est un sujet assez étroit, c’est pourquoi j’ai essayé de m’intéresser aux enjeux présents dans ce phénomène.

Grâce à mes recherches, j’ai donc appris ce que c’était vraiment et comment il était possible de créer un concept reposant quasiment entièrement sur le marketing. Ce Mémoire m’a permis d’avoir une expérience concernant la réalisation d’un travail personnel sur le long terme. Je sais maintenant les erreurs à éviter à propos de la mise en page, de la méthode de travail. Ainsi il est normal d’avoir des périodes de doute et de remise en question mais cela permet d’avancer dans son cheminement intellectuel afin de préciser ses propos.

Je conseille aux futurs élèves de commencer à réfléchir aux différents axes possibles de recherches dès qu’ils ont un sujet en tête car cela permet de savoir où l’on veut aller et ce que l’on peut effectivement développer. Écrire est un très bon moyen de d’entamer une réflexion sur un thème et parler de son sujet avec les autres se révèle aussi très utile pour ne pas s’enfermer dans son unique point de vue.

L’orthographe française est devenue une patate chaude…

 

Mémoire de Marianne Seven (2009)

J’ai choisi le sujet de l’orthographe par hasard. J’avais déjà pensé à un certain nombre d’autres sujets sans en trouver un qui me tienne vraiment à cœur au point de savoir immédiatement que je voulais m’y consacrer. Et puis je suis tombée sur ce fameux article écrit par un chercheur partisan d’une réforme radicale de l’orthographe. Et je me suis alors rendue compte que si l’orthographe ne faisait pas la une des journaux, c’était bel et bien un sujet d’actualité. Cela n’aura échappé à personne que l’orthographe des jeunes français se détériore de plus en plus et je voulais en savoir plus sur les explications à ce phénomène. On parle beaucoup de la responsabilité des nouvelles technologies, de l’enseignement et il m’importait de chercher les fondements de ces théories.

Une fois le sujet choisi, il a fallu rechercher des documents en rapport et j’ai décidé de regarder ce qui existait en livres pour ne pas me perdre parmi la multitude de sites. Et il m’est alors apparu que mon sujet était beaucoup plus large que je ne le pensais et qu’il ne recouvrait pas seulement le  problème de l’enseignement mais de véritables phénomènes  de société : l’orthographe est aussi l’objet d’un véritable attachement de la part de la majorité de la population française, un objet de culte pour certains acharnés de la dictée et même un instrument de pouvoir et d’ascension sociale. Il était en tout cas très clair que restreindre mon Mémoire à ce qui était initialement prévu revenait à ne traiter que la partie immergée de l’iceberg. J’ai donc étudié les documents dont je disposais et ensuite j’ai réfléchi au lien entre tous ces aspects, à la manière dont je pouvais les organiser afin de répondre à une problématique commune. Ma démarche est ainsi allée un peu à l’encontre du modèle classique qui veut que l’on trouve la problématique avant les éléments de réponse mais cela ne m’a pas semblé un réel problème. La rédaction est la partie que j’ai trouvée la plus facile, une fois que l’on a les informations, que le plan est déterminé, cela m’a semblé assez simple finalement.

Tout d’abord c’était la première fois que je faisais des recherches d’une telle envergure et cela m’a permis de voir que pour vraiment maîtriser un sujet il ne suffit pas de lire quelques documents, il faut y consacrer beaucoup de temps. Et je ne m’en suis rendue compte qu’au moment où, rentrant chez moi en train, une personne m’a interpellée pendant que je lisais  un ouvrage intitulé L’orthographe en crise à l’école. Elle m’a exposé son point de vue et m’a demandé ce que j’avais appris de ma lecture. J’ai alors moi-même été étonnée de pouvoir lui répondre avec une telle assurance. Les fruits d’un tel travail en matière de connaissances sont donc très importants.

La deuxième idée est sans doute la principale : il faut pas s’y prendre au dernier moment ou presque pour avoir le temps de mûrir son plan, de trier les éléments pertinents de ceux qui sont accessoires et surtout de faire tout ce que l’on aurait voulu faire, ce qui n’a pas été mon cas. Et je pense qu’après ce Mémoire, je suis vraiment vaccinée contre le travail de dernier moment!

En tout cas, une fois qu’il est terminé, qu’on le voit devant soi, bien réel, il reste une impression de soulagement d’avoir achevé un tel travail mais aussi un certain vide, l’envie de se replonger dans autre chose, peut-être  moins intensément mais aussi moins superficiellement que de coutume.

Les normes définissant le corps féminin dans les sociétés de type Occidental

Mémoire de Julie Dayot (2009)

Le sujet m’intriguait en raison du caractère implicite et presque inconscient de l’existence même de normes, qu’elles soient en relation avec le corps ou non, et le thème de normes liées au corps féminin est d’autant plus intéressant à étudier qu’il est le résultat d’un nombre infini de facteurs : statut de la femme dans une société donnée, histoire, courants littéraires et artistiques, découvertes scientifiques, statut du sport et du corps, valeurs, etc.

Si l’on veut traiter le sujet en profondeur, le champ des recherches est réellement immense, avec des facteurs plus ou moins liés. J’ai alors tenté de mettre en lumière des paradoxes auxquels on ne peut répondre que par la mise en lumière de cercles vicieux, en tentant de faire ressortir un enchaînement logique là où finalement les causes sont le plus aussi souvent des conséquences.

Ce travail m’a permis de développer un regard critique plus construit face à la notion de culture et de normalisation. Tout est normé et il convient de prendre du recul pour échapper au piège de l’hyper-conformisme, danger de nos sociétés contemporaines. La pression exercée sur les femmes aujourd’hui est d’autant plus perverse qu’elle est implicite : porter un corset par exemple constituait-il une pression aussi forte que le culte de minceur qui oppresse aujourd’hui la femme ?

Le piège du Mémoire, c’est de s’y prendre au dernier moment : mon seul conseil serait alors de s’y plonger assez vite pour éviter la frustration de rendre un travail auquel on aurait pu et voulu apporter plus.

Le Rêve américain : rêvons-nous l’Amérique comme nous la rêvions hier ?

Mémoire de Léonor Dalibot (2009)

Dès l’instant où il a été question d’un Mémoire ayant pour thème « histoire des idées, histoire de l’art », j’ai immédiatement pensé à deux sujets : la mythologie grecque et le rêve américain. Le premier parce que depuis toujours je suis fondue de ces histoires de dieux et d’humains, histoires qui n’ont pas de logique chronologique, où le mythe se mêle à des faits réels à expliquer ; des histoires fascinantes, éternelles, aux multiples sens et qui imprègnent encore notre imaginaire. Le second parce que j’ai toujours été fascinée par ce peuple, sa démesure, sa créativité, une culture qui est en opposition avec la culture française et qui la rejoint sur certains points, un pays qui est dans tous les excès et qui, malgré les faux-pas et les aberrantes décisions de ses dirigeants, resté le pays de la réussite, du possible, où chacun peut donner le meilleur de lui-même, où l’humain peut réaliser sa plus grande faculté : la perfectibilité.

C’est donc finalement ma seconde idée qui s’est imposée ; faut-il rappeler qu’en novembre 2008 la plus importante élection mondiale s’était déroulée aux Etats-Unis, celle de Barack Obama ? Face à cette actualité brûlante du rêve américain et de ces fantasmes du possible (« Yes we can » est devenu un slogan universel), j’ai choisi ce sujet. Parler du rêve américain comme phénomène éternel pouvait sembler paradoxal ; tous les journalistes soulevaient en effet que cette élection signifiait le renouveau de la légende qui a fondé l’Amérique après les années noires de Bush junior. Comme s’il y avait eu une rupture dans le rêve américain. De là est venue l’idée d’analyser à travers la très riche histoire de ce pays-continent, première puissance mondiale, l’évolution de ce mythe de la terre d’utopie qu’est l’Amérique. Evidemment le défi était majeur car il était impossible en six mois de retranscrire tout le parcours de cette nation si particulière, à la destinée si exceptionnelle. De plus au fil de mes recherches que j’ai commencé tôt, de très nombreux aspects du rêve américain auxquels je n’avais pas songé (puisque je ne les connaissais pas du tout comme l’apport des Quakers de Pennsylvanie dans la philosophie et la démocratie américaine) sont venus s’ajouter et rendre encore plus complexe l’étude qui devenait trop générale. Il m’a fallu donc rester précise dans ce que je voulais démontrer (que le rêve américain malgré certaines apparentes ruptures a toujours existé et marqué l’Amérique – et le monde- à jamais puisqu’il a fondé le pays politiquement, géographiquement, culturellement, économiquement…) tout en respectant les délais. D’avoir fait mon Mémoire sur ce sujet et sur cet aspect de la culture américaine m’a réellement redonné « foi » en l’humain, qui dans toute sa démesure (comparable à l’hubris des héros de la mythologie grecque) peut accomplir tout ce qu’il y a de plus  génial et plus fort. Naturellement de nombreux faits historiques sont venus nuancer ce propos qui n’est pas naïf, comme le massacre des Amérindiens, la ségrégation raciale, la guerre en Irak… Mais il est clair que les signaux qu’ont toujours envoyés ce peuple de conquérants, de battants, d’optimistes (alors que les inégalités sociales sont criantes et révoltantes) sont que l’homme peut avancer, peut réaliser quelque chose de grand dans ce monde cynique.

La masse de travail m’a un peu effrayée car je voulais tout faire et ce qui m’a pris du temps c’est, hormis le temps d’écriture et de jeter les premiers mots sur le papier, enfin le clavier (l’introduction a été le plus dur), de faire des choix. Trouver le plan a également été compliqué car il fallait pouvoir insérer tous les aspects (je voulais étudier quelques films) d’une manière logique sans que cela soit trop lourd. La gestion du temps était dès le départ le défi à assumer jusqu’au bout, c’est pourquoi je conseille comme tout le monde de s’y prendre tôt et surtout de prendre soigneusement des notes au début des recherches. Heureusement pour moi, à force de lire des articles et des livres sur la civilisation américaine, les mêmes éléments revenaient souvent ce qui m’a permis de sélectionner l’essentiel du dispensable.

Voir en juin le travail fini, relié procure un sentiment de fierté ce qui soulage car on se dit que les quelques nuits blanches les deux semaines avant la date fatidique valaient le coup, bien qu’il reste toujours des endroits du Mémoire où je me dis que j’aurais aimé faire autrement, remanier des phrases trop longues… Sur le plan pratique on apprend beaucoup mais c’est surtout sur le plan intellectuel que l’expérience est géniale : s’investir dans un sujet original, pas forcément étudié en cours habituel, apprendre une multitude de choses qui, mine de rien, resteront, réfléchir sur un sujet complexe et sur l’homme en général, voilà l’idée excellente de ce Mémoire.

Les antagonismes entre le Hip-Hop et la société américaine

Mémoire de David Lecomte (2009)

Bien que très populaire à travers le monde, la culture Hip-Hop reste encore aujourd’hui mal étudiée et, somme toute, mal connue malgré le succès dont elle jouit auprès des jeunes. En effet, seuls très peu de spécialistes se sont penchés sérieusement sur son cas. Moi-même pris dans ce paradoxe, j’avais, depuis longtemps déjà le projet d’approfondir mes connaissances à propos de cette culture qui me passionne. Comme beaucoup sûrement, j’avais l’impression de ne percevoir qu’une « façade » du Hip-Hop : celle, en partie fallacieuse d’ailleurs, véhiculée par les médias. Ce Mémoire fut donc une aubaine, une occasion en or de mener à bien ces recherches qui me tenaient à cœur. Afin de ne pas traiter d’un sujet trop vague ou trop flou, j’ai décidé de les axer sur le pan polémique de cette culture et d’essayer de comprendre, au-delà de l’explication incomplète et souvent entendue des difficultés sociales du moment, les raisons des controverses à propos de son intégration dans le paysage culturel américain, qui en font son charme, son originalité mais qui en forment aussi son danger principal.

Cette entreprise fut toutefois, par moment, ardue. En effet, afin de saisir toutes les subtilités du Hip-Hop, il faut élargir de façon conséquente le champ de recherche vers de vastes horizons. Sa bonne compréhension passe par une connaissance de la société américaine contemporaine en général ainsi que par celle de l’histoire afro-américaine et de sa culture. Il a donc fallu lire des ouvrages traitant de ces sujets larges. Le travail s’est ainsi axé sur les quelques ouvrages traitant du Hip-Hop auxquels il fallait ajouter les éléments historiques et sociaux recueillis dans les autres livres. Mais la principale difficulté réside indéniablement dans le respect du timing. En effet, la rédaction est un travail de longue haleine mais le temps, lui, passe vite… Mieux vaut donc, si possible, commencer à rédiger rapidement, c’est-à-dire durant les vacances de Pâques, sans pour autant sacrifier la partie « recherches » du travail. Le stress lié à l’accumulation du retard peut en effet s’avérer réducteur d’une lucidité dans les idées pourtant indispensables. Il est donc préférable de s’organiser de manière à étaler le travail correctement et rigoureusement afin de rester « dans les temps ».

Mais malgré cette charge de travail supplémentaire importante, les apports d’un tel projet sont indéniables. A un niveau purement technique d’abord, cette expérience apprend à gérer un travail à moyen terme, chose que l’on ne fait que très peu dans le reste du cursus scolaire. Ensuite, au niveau du sujet traité en lui-même, l’écriture de ce Mémoire m’aura éclairé sur les motivations de cet art inédit et controversé, sur lequel je pense désormais porter un regard plus mature et plus approprié. J’espère donc avoir plus de matière à exploiter dans les discussions avec mes proches à propos du Hip-Hop. Beaucoup d’entre eux pensent connaître cette culture mais n’ont en réalité, comme moi auparavant, qu’une fausse idée d’elle. Mon souhait, à la suite de l’élaboration de ce Mémoire, est donc de partager les enseignements tirés de cette expérience avec eux et de tenter de leur faire percevoir le Hip-Hop sous un nouvel angle, loin de celui véhiculé par des médias souvent trop manichéens et n’ayant jamais vraiment essayé de comprendre l’essence de cette culture.    

L’école et la reproduction sociale : dans quelles mesures l’école permet-elle et doit-elle favoriser la promotion sociale ?

Mémoire de Rébecca Elias (2009)

Les classes préparatoires sélectionnent sur le critère du niveau scolaire. Ainsi, cela semble être une voie juste, fondée sur le mérite contrairement à un enseignement supérieur payant, comme sont par exemple stigmatisées les universités américaines. Cependant, il est facile de remarquer le manque d’hétérogénéité de la population des grandes écoles et leur image clairement élitiste. En effet, on voit alors apparaître l’influence d’un autre facteur majeur : le milieu d’origine social. C’est donc ce premier constat qui m’a donné envie de m’intéresser au thème de l’enseignement, des inégalités et de la Reproduction Sociale. De plus, je voulais étudier les mesures de discrimination positive qui se développent. En effet, c’est un phénomène qui concerne directement les élèves de classes préparatoires avec les quotas de boursiers et je voulais aussi affiner mon opinion sur ce sujet complexe.

La première démarche est de s’ouvrir sur le sujet. Ainsi, j’ai commencé par lire des livres concernant l’éducation, la Reproduction Sociale et la discrimination positive. Je n’ai d’ailleurs pas été déçue car il y a un nombre d’ouvrages tout à fait impressionnant sur ces thèmes. De plus, j’ai pu assister à des conférences à propos de l’école qui m’ont permis de repérer les points centraux et les plus problématiques. J’ai aussi pris l’initiative de réaliser un sondage, avec l’aide d’un camarade, auprès des élèves de classes préparatoires du lycée qui a été un appui important dans mon travail. Ensuite, en prenant du recul sur toutes les notes prises et les ébauches d’idées, il faut clairement délimiter le sujet puis dresser un plan qui apparaît relativement facilement..

Après avoir étudié le rôle de l’école et sa place dans la société, on en a une toute autre conception. En effet, notre éducation nous pousse à la considérer comme l’institution qui déterminera notre avenir. Pourtant, on se rend vite compte que ses principes les plus fondamentaux sont remis en question par beaucoup d’auteurs. L’enseignement et le système scolaire relèvent en fait d’un certain arbitraire qui est l’objet de débats. Cependant, en relativisant l’origine de l’école, des questions centrales de fond se posent : quel est le rôle de l’école ? Comment définir le mérite ? Comment concilier l’élite et la justice ?

Le système français pourrait être plus méritocratique. Cependant voulons-nous vraiment d’un système où réussir scolairement signifie totalement le mériter ? Une telle organisation impliquerait que les enfants soient officiellement responsables de leur réussite ou de leur échec scolaire. Il faut songer à la paradoxale violence que subiraient les enfants qui n’obtiendraient pas de diplômes… Et sinon, vers quoi devons nous alors nous tourner ? L’école doit-elle enseigner, éduquer tout en s’abstenant de trop évaluer ? Dans plusieurs pays nordiques ou encore en Australie, l’école doit permettre l’épanouissement des enfants dans un premier temps. De cette façon le phénomène d’exclusion sociale par l’école est limité et les conséquences des violences réduites. D’autre part, c’est intéressant de prendre connaissance de nombreuses organisations qui visent à soutenir les élèves de ZEP par du tutorat ou d’autres projets qui sont mal connus. Il y a en effet une réelle dynamique de solidarité qui se développe et pas seulement par le gouvernement.

Ce Mémoire est l’opportunité d’approfondir des thèmes qui nous intéressent et de prendre des initiatives. C’est surtout un des rares projets que l’on peut réaliser du début à la fin dans une réelle autonomie. 

L’abolition de l’esclavage, un acte inachevé

Mémoire d’Olivier Broutin (2009)

J’ai tout de suite décidé de prendre un sujet ayant une dimension historique car l’histoire est vraiment une matière que j’apprécie. Ensuite et pour me donner des idées, j’ai regardé très attentivement différents quotidiens et je me suis ainsi rendu compte qu’un sujet revenait particulièrement souvent, c’est le problème de l’esclavage, prétendu aboli depuis longtemps mais qui pourtant persiste aujourd’hui dans toutes les régions du monde sous des formes variées. De plus, c’est à la fois un sujet qui m’intéresse et me préoccupe, car nous sommes tous concernés mais nous avons parfois tendance à l’oublier. Enfin, c’est un sujet intéressant car transversal : quand on parle d’esclavage, on ne parle malheureusement pas que de cela, et les questions concernant la discrimination, le racisme, l’immigration ne sont jamais loin.

J’ai donc commencé par lire la presse pour me donner des idées et cela n’a pas été long comme je l’ai déjà dit. Par la suite, j’ai emprunté des livres traitant du sujet dans plusieurs endroits et après un premier tour d’horizon j’ai constaté que l’utilisation d’Internet n’était pas nécessaire au vu des très nombreuses sources collectées.

Cela m’a permis une révision des faits historiques puisque la dernière fois que j’avais étudié l’esclavage, c’était en classe de primaire et on peut parler d’un approfondissement. L’intérêt de ce sujet réside dans le fait que si la dimension historique est primordiale et passionnante, il n’en reste pas moins que l’esclavage est toujours d’actualité aujourd’hui, et j’ai été effaré de découvrir des comportements qui relèvent davantage du Moyen Age que du XXIe siècle. Cela m’a permis également d’ouvrir les yeux sur un phénomène qui nous semble étranger et qui pourtant ne l’est pas. Ce que je retire du Mémoire et peut-être ce qui pourrait constituer la démarche à poursuivre, c’est s’intéresser à la corrélation racisme-esclavage, car l’homme exploité, c’est avant tout l’étranger. Il me semble donc que tant que le problème de racisme ne sera pas réglé, celui de l’esclavage ne pourra pas l’être non plus.

Une chose surprenant, à propos de la loi que Christiane Taubira a réussi à faire voter le 10 mai 2001 et qui peut paraître exemplaire. Elle permet en effet de commémorer l’esclavage dont ses ancêtres ont été victimes, de ne pas oublier un phénomène qui s’est longtemps prolongé. Le problème de cette loi vient du fait qu’elle met en avant la traite transatlantique qui s’est déroulée du XVIe au XIXe siècle. La manière dont elle est formulée réduit l’esclavage à certaines zones géographiques, à certaines populations, alors que, comme on l’a vu dans le Mémoire, l’esclavage a été un phénomène multiple dont l’immense majorité des populations a usé et abusé. Mais le pire n’est même pas là : le plus important problème que pose cette loi est que, en voulant se souvenir de quelque chose, cela signifie que l’on estime que c’est une situation révolue. Or, avec les différentes formes d’esclavage moderne qui existent aujourd’hui et que l’on a analysées, on voit bien que considérer l’esclavage comme révolu relève de l’utopie. Le fait de penser qu’on a réussi à abolir l’esclavage est de plus fortement préjudiciable pour les personnes encore asservies de nos jours, car la réaction classique des gens quand on leur parle d’esclavage est la suivante : « Il n’y a pas de raison de lutter contre l’esclavage, puisque c’est un phénomène aboli de puis plus de deux siècles, alors pourquoi et comment voulez-vous que cela existe encore ? ». Le fait alors de publier une loi commémorant l’esclavage, qui partait d’une bonne intention pourtant au départ, va à l’encontre de la lutte contre l’esclavage moderne.

L’évolution de la mode masculine depuis les années 1990 : pourquoi ? comment ? quelles conséquences ?

Mémoire de Florian Perron (2009)

Pourquoi avoir choisi ce sujet ? Pourquoi s’intéresser à un accessoire aussi futile que le vêtement ? L’habit revêt une importance, à l’échelle de la société mais aussi d’une individualité, qu’on est loin de soupçonner. Pour en finir avec les préjugés, il me fallait prouver qu’il est bien plus qu’un simple morceau de tissu qui serait simplement destiné à nous protéger du froid ; et c’était là toute mon ambition pour ce Mémoire. De plus, il importait pour moi de montrer que la mode et les hommes n’étaient plus deux sphères antithétiques, et que plutôt que de parler de crise de la masculinité – thème récurrent depuis plusieurs années – il fallait d’avantage saisir le renouveau du genre masculin qui s’extirpe enfin de son carcan traditionnel tant au niveau stylistique que sociétal. Enfin, j’ai pu prendre conscience que les études sociologiques, psychologiques et stylistiques de la mode masculine de ces dernières années n’étaient pas légion ; il y avait donc ici pour moi un vaste sujet qui ne demandait qu’à être exploré.  Si pour mener à bien un tel projet, se tourner vers les études sociologiques complexes des tendances fut un passage obligé, il n’en reste pas moins que la mode doit être comprise et appréhendée comme un fait social global.

C’est en cela qu’analyser les différentes mutations de la société et des mentalités permet de mieux saisir ce phénomène, qui est, comme je l’ai montré, révélateur de l’esprit du temps. Par ailleurs, un point de vue purement économique se révèle être un angle d’attaque efficace et permet de mettre en lumière les nombreuses stratégies d’image et de mondialisation, aujourd’hui indissociables du monde de la mode et de l’industrie de la créativité.

Enfin, si on a souvent tendance à les minimiser dans le travail d’élaboration d’un Mémoire, il ne faut pas mettre de coté la passion qui anime le rédacteur de ce dernier et son souci de l’observation du monde qui l’entoure (ici primordial puisqu’il s’agit de saisir le phénomène de la mode et des nombreuses tendances qui la sous-tendent). S’il y a bien une chose que j’ai apprise en rédigeant ce Mémoire, c’est qu’en matière de mode, il faut toujours tenter de voir plus loin que les simples apparences. Si cette paire de chaussure me plait, je l’achète. Mais au-delà de ce simple désir éprouvé à l’égard de l’objet, il semblerait que de nombreux facteurs inconscients, fruits de nos désirs cachés, de notre imaginaire, et notre rapport à la société influencent grandement notre acte et devient par la même révélateur de notre propre personnalité !

Quand jouer n’est plus un jeu

Mémoire de Stevan Tanvet (2009)

J’ai choisi ce sujet car j’ai eu une période où je jouais beaucoup et j’adorais cela. De plus les jeux et les techniques de jeu (du moins certaines) me passionnent. C’est donc un sujet qui m’est venu à l’esprit naturellement. J’avais aussi en tête le phénomène de l’addiction au jeu qui m’intéressait (comment le devient-on ? par quelle psychologie, quel état d’esprit…), et avant de commencer j’ai vérifié s’il existait assez de documentation pour m’assurer d’avoir un support assez large pour le travail du Mémoire. J’ai donc obtenu satisfaction avec d’emblée des éléments très intéressants et qui me plaisaient beaucoup car j’avais conscience que pour prendre du plaisir à faire le Mémoire, travail à moyen terme, il fallait un sujet qui me plaise.

Sur ce sujet qui est le jeu, j’ai d’abord réalisé une description entière des jeux existant (du jeu de grattage au casino) et détaillée avec les caractéristique de chacun (FDJ, PMU…). J’avais déjà une connaissance assez large du sujet, j’ai donc utilisé des sites internet seulement pour des précisions comme les dates ou les chiffres. J’ai ensuite cherché à faire une description très détaillée d’un jeu, le « côte et match » qui montre au lecteur les « vices » qui peuvent le rendre accroc et avoir l’illusion de gagner. Après cette grande partie descriptive, j’en ai ensuite fait une plus théorique sur la psychologie, l’état d’esprit du joueur, les différentes étapes qu’il traverse et les raisons pour lesquelles il devient accroc. Je me suis appuyé sur des livres trouvés aux « Champs Libres », la grande bibliothèque de Rennes que j’ai découverte, vraiment complète et agréable. En complément j’ai ajouté un exemple concret très détaillé d’une histoire réelle qui permet au lecteur de mieux comprendre (c’est le but du moins !). Pour la dernière partie, celle sur les soins, j’ai trouvé des documents à la bibliothèque et sur des sites internet, j’ai aussi cherché à insérer quelques exemples qui illustrent les « drames humains » que peut entraîner cette pathologie.

J’ai appris de nouvelles choses avec le Mémoire, mais je me suis également aperçu de l’importance de certaines choses, même si j’en avais quelque peu conscience avant :

• l’importance d’un plan pertinent, qui suit une logique et s’appuie sur des exemples concrets et solides

• la façon de se documenter : ne pas hésiter à visiter différents lieux pour obtenir sa documentation, car plus riche elle est plus votre travail sera intéressant et vous aurez le choix. Ne pas hésiter à passer du temps dans les transports pour se rendre dans une bibliothèque de Rennes : cela ne pourra être que bénéfique. Et bien sûr la découverte des Champs Libres, bibliothèque complète, excellent outil de travail

• l’importance du choix du sujet, car si ce travail m’a fait peur au début, en plus de celui sur différentes matières, déjà conséquent, j’ai finalement pris beaucoup de plaisir sur un sujet qui m’a passionné. Il faut donc mûrement choisir son sujet pour ne pas avoir à faire à un sujet qui ne vous plait pas vraiment

• l’importance de la gestion du temps, il ne faut pas hésiter à se lancer le plus tôt possible car même si les premiers pas sont les plus difficiles (avec les premiers mots tapés au clavier) on se met rapidement à l’œuvre. Et avec un travail réparti sur la durée, vous ne connaîtrez pas la période de « coup de bourre », et vous aurez le temps de bien penser à des détails de votre travail. (Personnellement je pense que j’aurais pu faire beaucoup mieux, mais je pense que c’est un enrichissement pour de prochains travaux).

• la rigueur du travail universitaire (mise en page, bibliographie…), et donc la rigueur en général, importante pour un travail de cette envergure. Je pense donc être beaucoup plus armé qu’avant après avoir fait ce Mémoire.

• l’importance de la soutenance, savoir accepter et écouter les remarques négatives sur un travail qui nous a pris beaucoup de temps. Puis ensuite reprendre un point de notre travail et l’argumenter, un moment où j’ai pris du plaisir. J’ai aussi encore plus pris conscience de la fierté qui peut suivre quand on a fait un travail correct qui a pris du temps. Je conseille aussi d’assister, si possible aux soutenances qui précèdent votre passage, cela permet de ne pas arriver dans l’inconnu et de pouvoir réfléchir avant la soutenance sur sa future prestation.

Les cosmétiques pour hommes : nouveau marché ou effet de mode ?

Mémoire de Laura Le Boudouil (2009)

Le choix d’un tel sujet s’est pour ma part inscrit dans une volonté d’utilité pour les oraux aux concours des écoles de commerce. Il est vrai que lors de mes différents entretiens de personnalité, j’évoque comme centre d’intérêt tout ce qui touche au monde de la mode, des cosmétiques… Cela représente un domaine vers lequel j’aimerais m’orienter professionnellement. Ainsi, je me suis dis qu’un Mémoire traitant d’un sujet qui valoriserait ce à quoi je porte attention ne pourrait qu’apporter plus de crédit à mes propos, témoignant ainsi d’une véritable passion et non d’une simple futilité.

Cependant, j’avais à l’origine envie d’aborder la question du marché des cosmétiques pour femmes car il est vrai qu’en tant que fille, le travail et le souci des apparences me sont naturellement apparus sous un angle féminin, le devoir de la beauté étant traditionnellement celui de la femme. Or au fil de mes recherches, je me suis rendue compte que la préoccupation des apparences occupe aussi une place centrale chez les hommes, les cosmétiques étant de moins en moins considérés par le sexe masculin comme une préoccupation frivole, une affaire de femmes. De ce fait, j’ai choisi de traiter ce nouveau phénomène, révélateur d’un nouvel aspect de la société. Le but de ce Mémoire est de comprendre les motivations et les raisons de l’essor des cosmétiques pour les hommes, marché en plein essor depuis quelques années ; mais également de voir comment les entreprises se sont adaptées à cette nouvelle tendance.

Comme je l’ai évoqué précédemment, je me suis d’abord lancée dans des recherches sous un angle féminin, pour ensuite basculer vers le domaine des cosmétiques pour hommes. Malheureusement, je me suis très vite rendue compte que ce phénomène, encore très récent, n’était pour l’instant pas l’objet d’étude par des livres. De ce fait, j’ai utilisé pour une part importante les recherches sur Internet, relativement complètes, mais parmi lesquelles il faut néanmoins faire le tri car s’il est peu développé dans les librairies, le phénomène est bel et bien présent sur la toile, et on y trouve de tout.

J’ai d’abord souhaité suivre une approche plus théorique du sujet, à savoir la notion de beauté et de cosmétiques au fil du temps. Celles-ci me paraissaient indispensables à étudier car elles permettent de s’apercevoir que ce sont là des préoccupations présentes depuis l’Antiquité, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Par la suite, j’ai tenté de comprendre culturellement cette évolution de la consommation masculine en abordant les facteurs sociétaux comme le poids croissant d’une société d’apparence et de communication, l’apparition du métrosexuel, l’influence des homosexuels mais également des femmes, pour finalement se rendre compte qu’aujourd’hui il y a un devoir de beauté masculine. Puis dans une troisième partie, j’ai tenté de réaliser une étude sur le marché des cosmétiques pour hommes, remontant ainsi aux origines de son apparition, mais également en me concentrant sur les différentes stratégies marketing mises en place pour capter l’attention du consommateur masculin et qui font de ce secteur un marché en plein essor. Pour compléter cette dernière partie, j’ai essayé de contacter plusieurs entreprises présentes sur le marché… mais une seule de ces marques m’a répondu positivement, m’apportant des informations complémentaires à propos des différentes questions que je lui avais posées.

Plus qu’un certain apprentissage, j’ai surtout découvert un secteur dont je n’avais jusqu’alors pas conscience. C’est finalement un aspect de la société qui m’est apparu plus clairement et surtout plus important car cette évolution de la consommation masculine n’est pas un phénomène de mode mais bien un mouvement de fond, révélateur d’un changement des mentalités, et qui a de belles perspectives sur le marché des cosmétiques. Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant est pour ma part toutes les stratégies mises en place pour attirer le consommateur masculin, pour « l’éduquer » et le fidéliser sans jamais porter atteinte à sa virilité.

Néanmoins, il est vrai que même en commençant mes recherches début février, j’ai ressenti le manque de temps vers la fin du mois de mai et je n’ai donc pas pu développer certaine parties autant que je l’aurais souhaité, ce qui peut être frustrant après quelques mois de travail. Il me semblerait intéressant d’établir un rapport entre le marché des cosmétiques pour hommes et celui des femmes, déjà en confrontant les points communs, mais également les différences, leurs singularités mais surtout leur évolution respective car s’il est vrai que ce marché en plein essor a de belles perspectives quant à son développement, rattrapera-t-il pour autant des décennies de domination féminine en matière de cosmétiques ?

Il est donc important de faire un effort d’organisation dans ses recherches, pour que le travail du Mémoire soit le plus profitable possible et que toutes les informations puissent être développées comme prévues.

La culture française est-elle en déclin ?

 Mémoire de Mickaël Zollet (2009)

Lors d’une visite sur le site Time.com, je suis tombé sur un article écrit en 2007 et intitulé « A la recherche du temps perdu ». En une dizaine de pages son auteur, Donald Morrison, dénonçait une atonie de notre culture et de nos artistes à l’étranger, accusant notre pays de se « replier sur lui-même », lui dont les idées et les œuvres artistiques n’intéresseraient plus le reste du monde. La une du Time titrait même « The Death of the French Culture » à coté d’une image du mime Marceau alors décédé, comme pour illustrer que la France reste muette sur la scène internationale et que sa culture serait condamnée. Lorsque l’on a depuis toujours baigné dans cette culture et qu’on nous annonce qu’elle est vouée à disparaître, il y a de quoi s’inquiéter. J’ai donc voulu approfondir la question, faire des recherches pour savoir si les arguments étaient fondés ou non.

En ce qui concerne ma démarche, j’ai dans un premier temps récolté le plus d’informations possibles sur l’article en question et sur la longue polémique qui ont suivi sa parution, récoltant les diverses réactions dans les journaux, les magazines, ou sur internet, sur des blogs et des forums par exemple. Il était alors important de garder une certaine objectivité dans mon jugement car beaucoup de réactions étaient trop excessives, erronées, faisant transparaître du chauvinisme ou même de l’anti-américanisme. J’ai ensuite lu des livres portant sur la politique culturelle nationale, en étudiant son histoire pour mieux comprendre le contexte actuel, et je me suis aidé d’outils statistiques (ouvrages, sites) afin d’accompagner mon analyse par des chiffres.

 Lors de mes recherches j’ai appris un grand nombre de choses, à commencer par ce que l’on nomme « l’exception culturelle française », c’est-à-dire la volonté de préserver une culture nationale et de la protéger d’une uniformisation grandissante, à travers la domination mondiale de la culture américaine et une utilisation croissante de la langue anglaise. J’ai appris que trop de subventions pouvaient aussi être un danger pour le dynamisme d’une culture et que la France aujourd’hui exporte très peu ses idées, ses films, romans, et autres œuvres artistiques. J’ai aussi constaté que le débat entre protectionnisme et libre échange a une toute autre dimension dans la sphère culturelle, car on ne peut pas juger la qualité d’une œuvre en fonction de son seul succès commercial.

Ce projet de mémoire a été très enrichissant, et si la quantité de travail qu’il nécessite peut paraître impressionnante au début, surtout lors d’une année de prépa, la grande satisfaction que l’on éprouve face au travail fini nous laisse sans regrets. Mon conseil serait de bien s’imprégner du sujet traité, en faisant beaucoup de recherches et en lisant autant que possible, cela permet d’être à l’aise dans l’écriture et lors de la soutenance. Bien gérer son temps est aussi essentiel car la fin de l’année arrive vite et on a tendance à vouloir bâcler la fin pour ne pas dépasser les délais impartis.

 

Le métrosexuel, l’homme du XXIè siècle?

Mémoire de Daba Diokhane (2008 )

Au commencement de la recherche d’un sujet pour le Mémoire, je voulais traiter un thème qui soit en lien avec l’esthétique, la mode, car ce sont là des thématiques qui me passionnent. En débutant les recherches dans ces directions, je me suis rendue compte que le plus souvent, on ne parlait d’esthétique ou de mode, sans mentionner les femmes. Dans l’esprit collectif, c’est comme si l’apparence, le fait de prendre soin de soi rimait toujours avec féminité. De plus, certaines phrases que j’avais entendues de la part d’amis masculins qui se lamentaient d’avoir moins de choix en matière de magasins de vêtements que les femmes, me revenaient en Mémoire. Ainsi, me mettant à leur place, j’ai voulu voir ce domaine du paraître d’un autre aspect, l’éclairer sous un nouvel angle, pour tenter de développer un analyse un peu originale.  Orientant ainsi mes recherches dans l’espoir de trouver un sujet qui allierait masculinité et esthétique, la notion de métrosexualité m’apparut alors comme une évidence.

Au terme de mon étude, certains préjugés quelque peu féministes que j’avais disparurent. Il se trouve en effet, que la métrosexualité témoigne d’un malaise que vivent certains hommes dans la société contemporaine occidentale, une société bousculée par les nouvelles valeurs post-68, par le nouveau statut des femmes, et les évolutions en termes financières et de communication marketing. Ainsi, le Mémoire m’a permis d’avoir un regard nouveau sur les hommes d’aujourd’hui, mais il est également utile pour rendre compte des évolutions quant à la perception du corps ces dernières décennies.

Je conseillerai surtout de ne pas commencer à rédiger trop tard le Mémoire. En ce qui me concerne, j’avais plein d’idées au début, je savais exactement tout ce que j’allais mettre dans mon Mémoire, j’avais tout structuré etc… et le manque de temps fait qu’à la fin on est obligé de bâcler pour rendre le Mémoire dans les délais. C’est donc dommage de passer autant de temps à travailler sur un Mémoire qu’on rend avec un sentiment d’inachevé.

Peut-on parler d’une réinsertion sociale des vétérans américains en Irak?

Mémoire de Pauline SALAUN (2008)

Il est essentiel de prendre du recul face à son sujet pour pouvoir en avoir une vision objective et ainsi éviter de fournir un travail dans lequel nos positions seraient trop évidentes. C’est ce qui fut, de mon point de vue, le plus difficile à respecter.

Ce sujet pourra me servir lors d’entretiens pour les écoles de commerce, Internet et la guerre étant des sujets revenant fréquemment. De plus il me servira tout au long de ma seconde année dans le cadre de la philosophie car le thème de cette année est « la beauté » et mon Mémoire me permettra donc d’enrichir des travaux.

Ce qu’il faut donc retenir de l’élaboration d’un Mémoire c’est que bien que cela prenne du temps, et que l’on puisse être découragé par moment, ce que l’on en retire le compense largement : cela enrichit nos connaissances sur un sujet ou nous le fait totalement découvrir, et cela nous entraîne à suivre un parcours qui nous fait mûrir dans notre travail (par les recherches et les diverses pistes suivies essentiellement).

Il est très important de bien gérer son temps car c’est ce qui nous a manqué à tous. De plus, je conseille de faire des recherches sans trop les approfondir au départ, puis d’élaborer un plan. C’est alors à ce moment précis qu’il vous faudra exploiter vos premières pistes et réaliser de vraies recherches. En approfondissant vous trouverez de nouvelles informations qui ne vous étaient pas apparues et vous pourrez alors approfondir ou modifier votre plan au fil de vos recherches.

Les stratégies des alcooliers en direction de la jeunesse

Mémoire de Maxime Hunault (2008)

Parler d’alcool quand on est jeune est une nécessité, parler d’alcool lorsque l’on prépare une grande école de commerce m’a semblé particulièrement intéressant. On voit trop souvent des jeunes « défoncés » en fin de soirée dans des soirées d’écoles. Il serait trop facile pourtant de les accuser tant il est vrai que le binge drinking a été importé des pays anglo-saxons sous l’œil (bienveillant) des grandes marques de spiritueux. Aussi ce Mémoire avait-il pour objectif de rechercher les causes de cette alcoolisation immodérée orchestrée (et c’est cela qu’il fallait étudier) par une industrie à la recherche de cibles potentielles ou de leaders d’opinion pour influencer les membres d’un groupe.

Au-delà des grandes écoles, les pratiques relevées en matière de commercialisation et de marketing des produits alcoolisés font apparaître un très grand nombre d’étrangetés voire de paradoxes. L’hypocrisie de certains hommes politiques, motivée par le fait que l’alcool, et le vin en particulier, fait partie de notre patrimoine n’en est pas le moindre.

On le voit, ce Mémoire a ouvert en très grand nombre de perspectives : économiques, sociales, politiques et culturelles. Je vous invite alors à le consulter si vous voulez comprendre ce phénomène dont le coût social est évalué à 17 milliards d’euros (excusez du peu) et qui serait responsable de la mort de 40 000 personnes chaque année en France…

Il me semble que le secret d’un Mémoire réussi réside dans la gestion du temps mais rappelez-vous : un Mémoire n’est jamais achevé, ce qui importe par-dessus tout c’est le principe de réalité.

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