Doit-on en vouloir aux tricheurs ?

Le scandale Volkswagen a suivi toutes les étapes qu’impose le monde de la Transparence lorsqu’elle démasque un tricheur.

C’est-à-dire quelqu’un qui a enfreint sa première règle éthique, sociale, psychologique : dire toujours la vérité.

Le 22 septembre 2015, quelques jours après la révélation de l’affaire, Martin Winterkorn, PDG de l’entreprise,  se soumet ainsi à une confession publique :

VW

«  Je vous donne ma parole que nous allons procéder avec la plus grande franchise et la plus grande transparence. Je suis infiniment désolé que nous ayons trahi la confiance, je m’excuse profondément (…) pour cette faute « 

Le redoublement franchise / transparence, qui suggère que le second terme va plus loin que le premier, est très intéressant. De même que le vocabulaire moral, pour ne pas dire religieux.

On peut ainsi mesurer indirectement notre degré d’adhésion à ce monde de la Transparence.

Sous couvert de paramètres plus subtils (dans lesquels je ne pourrais rentrer concernant la vente automobile) :

 » La marque a poursuivi sa croissance en Allemagne, en Italie et en Espagne  » en novembre.

 » Aux États-Unis, où le scandale des moteurs truqués a commencé, le groupe Volkswagen accuse plus particulièrement le coup avec une chute de 15,3 % des ventes sur un an en novembre. La faute principalement à la marque Volkswagen, dont les ventes ont plongé de 24,7 %« .

On retrouve la ligne de partage entre les USA, pays protestant, et les pays latins  (l’Allemagne transigeant avec cette règle, VW est un pilier de son identité industrielle nationale).

Quant à la France, dont le statut intermédiaire, voire mixte, entre ces deux zones culturelles a fait tout le charme historique (et notre difficulté propre vis-à-vis du monde de la Transparence probablement) :

 » Pour le groupe Volkswagen, dont les chiffres sont guettés, il ne semble pas qu’il y ait de réelles sanctions de la part des Français à la suite de l’affaire du logiciel truqué « .