Le paradoxe et la promesse

Que veut dire « transparence » dans le langage médiatique courant ? Un idéal, que l’on invoque quand tout va mal. Surtout lorsque l’on est puissant, et que l’on a indûment caché une information au peuple.

C’est ainsi un terme de communication de crise, le dernier coup à jouer pour éviter la chute : voir pour cela la réplique de Jean-François Coppé, plongé dans l’affaire Bygmalion, qui expose en juin 2014 ses propres directives pour améliorer « la transparence en politique » (ce qui est quand même curieux). Ou le Président, une fois l’affaire Cahuzac éclatée. Moins d’un mois plus tard, était présenté le projet de loi qui instituait la « Haute autorité pour la transparence de la vie publique » (HATVP). Qui, en réalité, ne faisait que remplacer la « Commission pour la transparence financière de la vie politique » en activité depuis… vingt-cinq ans, et apparemment, donc, très impuissante !

Or, ce même terme désigne aussi une menace. On redoute alors de voir croître « la tyrannie de la transparence ». Par exemple Jacques Attali à propos des attaques contre la vie privée qu’internet exerce sur les individus, l’exhibition généralisée qu’il suscite.

Le phénomène serait donc bénéfique pour les hommes de pouvoir et dangereux pour les simples individus ? 

Enfin, une recherche sous Google Images montre que la première chose qui vient sous les clics du moteur de recherche, c’est… ce que l’on peut apercevoir sous les vêtements (vérifiez, la mise à jour est automatique).

Je propose donc d’appeler Transparence démocratique (avec une majuscule, nous reviendrons sur cet adjectif), le phénomène général, pour le distinguer  de la seule « transparence » médiatique. C’est alors une myriade de manifestations, d’ailleurs toutes contemporaines, qui s’offre à nous : de l’open space aux tueurs en série, de la presse pipole eu théâtre moderne, de la pornographie au management…

Voilà pour la promesse de variété aux lecteurs/lectrices de ce blog ! 

Le prochain billet analysera ainsi un très bon film de science-fiction encore sur les écrans : Ex Machina (d’Alex Garlan, 2015)…